Dimanche 16 août 2009
La lance est l’arme de prédilection des cavaliers polonais….
alors que nos premiers polonais en 1799 faisaient déjà cliquer au vent leur lance sous la légion dites du
« Danube » ( image de gauche) cavalerie confiée au colonel Grawroski, elle comprenait 492 ulans.
En 1807 le nouveau Duché de Varsovie va créer sa propre armée et comptera les 6 premiers régiments de lanciers polonais nommés Ulans, équipé de lance.
Mais ceux qui apportèrent le début d’une véritable institutions à cette arme furent bien les « Lanciers de la Vistule » issus de la légion du Danube qui déjà en 1808 en Espagne firent parler d’eux un certain 13 juin à Mallen ou le nom de « los infernales picadores » paroles qui allaient devenir par la suite le surnom des cavaliers polonais, qui signifie l’expression des « cavaliers de l’enfer » ou encore les « lanciers infernaux ».
Avant 1811 les lames des lances de nos ulans polonais possédaient toutes une particularité qui se trouve en dessous de la lame du fer, un renfort en forme de boule en bossage sphérique qui permettait de créer un état de choc propice à désarçonner son adversaire et indiquait la limite de pénétration c’est à dire une sorte de sécurité afin que notre cavalier ne perde pas sa lance au combat et puisse ainsi retirer avec aisance son arme de tout corps.
Cette arme par excellence pour ceux qui savent s’en servir fut demandée au début de la création du 1er régiment des Chevau-Légers polonais de la Garde, mais Napoléon refusa, considérant que pour une mêlée seule le sabre dit arme offensive et défensive était la seule que devait avoir sa cavalerie..
C’est probablement à Wagram 1809
( la planche de droite montre bien cette
lance prise par notre garde, remarquez l' aiguilette portée à droite conforme au règlement de cette année ) que nos chevau-légers auraient
enlevé quelques lances pour s’en servir contre les Uhlans de Schwarzenberg et contribuant ainsi à la fuite des autrichiens, que Napoléon révisa son opinion sur cette arme.
Mais une autre histoire sur l’attribution de cette arme, persiste. En 1809 sur l’initiative du colonel Krasinski une représentation est faites devant l’Empereur ou un maréchal des logis du 1er chevau-légers renverse avec sa lance, deux dragons de la Garde, devant cette efficacité au combat Napoléon accueille favorablement la distribution de cette arme tant convoitée.
Toujours est-il qu’en 1809 le régiment reçoit les lances à flammes rouge et blanche. Au début timidement puisque seul le 1er rang en possédait ensuite fin 1811 tout le régiment en plus de la carabine pour revenir en 1813 lors de la réorganisation à ce que le 1er rang seulement possède cette arme et seulement la carabine pour le second.
FABRICATION DE LA LANCE POLONAISE
Avant 1808 de part une
méconnaissance de cette arme aucune manufacture française ne peut fabriquer la lance dites « polonaise ». Elle était produite localement en Pologne.
Vraisemblablement plus lourde, sa hampe en bois ( noyer ou frêne) est de section carrée sous le fer dans la partie où se fixent les attaches.
C’est ce modèle qui servit pour la fabrication à Klingenthal en 1809-1810 aux premières lances afin d’équiper nos lanciers, avec des modifications importantes.
La planche de dessin ci-dessus représente différentes types d'armes, les trois à droite sont de fabrication, année 1811 et celle de gauche la lance dite "polonaise" avec sa boule.
Durant quatre ans (1811-1814) la manufacture de Klingental fabriqua Jusqu’ à 23 660 pièces. Ne voulant pas rentrer trop dans le détail de la fabrication de cette arme je donnerais rapidement que quelques indications :
Sa fabrication en 1811 est répartie entre plusieurs corps de métier ; Les parties en fer et en acier, qui sont le fer de lance et le sabot, occupent des ouvriers qui les forgent, émoulent et liment.
Les vis sont faites par des hommes désignés a ces taches qui les forgent, liment, taraudent et trempent.
La partie bois sera en frêne, la hampe sera ronde. L ‘ensemble sera posées puis ajustées par des menuisiers.
Voici une planche, ci-dessus, représentant à gauche, sans la hampe, le
fer de la lance avec l'attache et les 10 vis, et à droite les sabots de cette arme. Et tout en bas la hampe en bois.
La dimension de cette arme est variable, cela est du au changement de fabrication et décrets mais elle varie entre 265cm et 276 cm.
Quelques exemples de mesure en 1811 : Pour la partie fer de lance la longueur de la pointe au talon de la lame est de 21,65cm la largeur de la pointe de 1,35 cm. Pour celle du sabot sa longueur est de 13,60cm et par exemple une simple vis a une longueur de 1,80cm. Enfin le poids de la lance en 1811 avec la hampe comprise est de 1,96 kg.
LE MANIEMENT DE LA LANCE
Voici les ordres de maniement de la lance en 16 planches (extrait de l'excellent livre, Wojsko polskie de Morawski et Nieuwazny, édition Karabela)
Les "pointez" ne sont sûrs qu'autant que si les ongles sont au dessus.
Question:
que faites vous si des cavaliers ennemis vous suivent et vous serrent de près ?
Il faut vous servir contre eux des à droite, à gauche ou alentour parez, qui deviennent puissamment offensifs, lorsque vous les employez bien.
De part sa grande expérience en la matière, le général De Brack, ancien capitaine de lanciers et auteur des « avant postes de cavalerie légère » nous fait part de quelques consignes d’utilisation de la lance.
Elle est l’arme blanche par excellence, elle a un effet moral puissant, dont les coups sont souvent fatals à l’ennemi.
Tenez votre lance à pleine main et serrée, les ongles au-dessus, et ne jamais employés un mouvement qui nécessitera les ongles en dessous.
Faites en sorte que votre hampe soit toujours plaquée sur votre corps et sur votre avant bras.
La lance sera portée à droite,
son sabot (photo 1 et 1b) reposant dans une botte adaptée à
l’étrier.
A l’aide de la dragonne se trouvant au centre de notre hampe, il est possible de passer le bras droit à des fins d’utilisation personnel de sa main (photo 2) Et c'est aussi un ordre celui de "Reposez Lance"
Il est formellement recommander de ne jamais piquer la pointe dans le sol, dans un souci de soin afin de ne pas émousser le fer de la lame.
A l’arrêt former un faisceau (photo 3) ou faite reposer votre arme
toujours debout.
Sur votre droite (photo 4) voici une manière de laisser son arme debout, elle passe dans l'étrier et la dragonne de la lance tient sur le pommeau de la selle.
Il est évident dans un souci de commodité, votre cheval ne doit pas bouger.
Pour tout soldat, il y a honte de perdre son arme. Mais il y a un cas où il est permis à un lancier d’abandonner sa lance, c’est celui où il traverse le corps d’un ennemi.
-De Brack raconte :
« A Reichenbach, le plus brave lancier du régiment fut tué, et cela pour récupérer son arme plantée dans le corps de son ennemi, malgré mes ordres et surtout son entêtement d’ honneur, j’eus beau lui crier, « laisse ta lance est payée » il ne me crut pas, et coupé des siens, il périt accablé par les coups de l’ennemi.
LA FLAMME DE LA LANCE
Ont ne peut oublier la flamme faite de différente couleur, mais celle que l’on retient est bien ceux portée par nos « los picadores » et les légendaires chevau-légers lanciers polonais de la Garde, qui sont le rouge et le blanc….
-Pourquoi ? certainement les couleurs nationale polonaise, couleur reprise plus tard par les futurs chevau-légers français.
Pour les ulans polonais les couleurs sont variables en fonction du régiment :
Le 7e par exemple semblait avoir eu des flammes à 3 bandes horizontales le jaune, bleu et rouge. Le 11e le rouge en haut et bleu en bas et une pointe blanche partant de la hampe.
Ceux des régiments lithuaniens (17 à 21) le fanion (flamme de lance) était bleu et blanc, le bleu en haut.
La longueur de la flamme elle aussi était variable, mais une longueur de 65 cm semble celle la plus utilisée.
La flamme de lance peut-être plier dans un étuit.
comme le lancier de la vistule ci-dessous.
J’arrête ici le survol rapide de l’étude de la lance. En souhaitant d’avoir comblé vos lacunes a ce sujet.
Mes sources :
Wojsko polskie de Morawski et Nieuwazny "Gwardia" édition Karabela
Les Traditions n° 206, 104,169,222 et 60
Le livre de Charmy "Splendeur des uniformes de Napoléon"
"Avant poste de cavalerie légère" de de Brack
Une aide de P. Fontanel
Les photos sont de ma soeur que je remercie, prisent sur les journées de Waterloo.
"Kopia" était le nom de cette arme du temps des Hussards ailés.
Napoléon refusa de mettre
cette arme en service dans l'armée française, et ce n’est qu’en 1811 qu’il finit par accepter ,
alors que nos premiers polonais en 1799 faisaient déjà cliquer au vent leur lance sous la légion dites du« Danube » ( image de gauche) cavalerie confiée au colonel Grawroski, elle comprenait 492 ulans.
En 1807 le nouveau Duché de Varsovie va créer sa propre armée et comptera les 6 premiers régiments de lanciers polonais nommés Ulans, équipé de lance.
Mais ceux qui apportèrent le début d’une véritable institutions à cette arme furent bien les « Lanciers de la Vistule » issus de la légion du Danube qui déjà en 1808 en Espagne firent parler d’eux un certain 13 juin à Mallen ou le nom de « los infernales picadores » paroles qui allaient devenir par la suite le surnom des cavaliers polonais, qui signifie l’expression des « cavaliers de l’enfer » ou encore les « lanciers infernaux ».
Avant 1811 les lames des lances de nos ulans polonais possédaient toutes une particularité qui se trouve en dessous de la lame du fer, un renfort en forme de boule en bossage sphérique qui permettait de créer un état de choc propice à désarçonner son adversaire et indiquait la limite de pénétration c’est à dire une sorte de sécurité afin que notre cavalier ne perde pas sa lance au combat et puisse ainsi retirer avec aisance son arme de tout corps.
Cette arme par excellence pour ceux qui savent s’en servir fut demandée au début de la création du 1er régiment des Chevau-Légers polonais de la Garde, mais Napoléon refusa, considérant que pour une mêlée seule le sabre dit arme offensive et défensive était la seule que devait avoir sa cavalerie..
C’est probablement à Wagram 1809
( la planche de droite montre bien cette
lance prise par notre garde, remarquez l' aiguilette portée à droite conforme au règlement de cette année ) que nos chevau-légers auraient
enlevé quelques lances pour s’en servir contre les Uhlans de Schwarzenberg et contribuant ainsi à la fuite des autrichiens, que Napoléon révisa son opinion sur cette arme.Mais une autre histoire sur l’attribution de cette arme, persiste. En 1809 sur l’initiative du colonel Krasinski une représentation est faites devant l’Empereur ou un maréchal des logis du 1er chevau-légers renverse avec sa lance, deux dragons de la Garde, devant cette efficacité au combat Napoléon accueille favorablement la distribution de cette arme tant convoitée.
Toujours est-il qu’en 1809 le régiment reçoit les lances à flammes rouge et blanche. Au début timidement puisque seul le 1er rang en possédait ensuite fin 1811 tout le régiment en plus de la carabine pour revenir en 1813 lors de la réorganisation à ce que le 1er rang seulement possède cette arme et seulement la carabine pour le second.
FABRICATION DE LA LANCE POLONAISE
Avant 1808 de part une
méconnaissance de cette arme aucune manufacture française ne peut fabriquer la lance dites « polonaise ». Elle était produite localement en Pologne.Vraisemblablement plus lourde, sa hampe en bois ( noyer ou frêne) est de section carrée sous le fer dans la partie où se fixent les attaches.
C’est ce modèle qui servit pour la fabrication à Klingenthal en 1809-1810 aux premières lances afin d’équiper nos lanciers, avec des modifications importantes.
La planche de dessin ci-dessus représente différentes types d'armes, les trois à droite sont de fabrication, année 1811 et celle de gauche la lance dite "polonaise" avec sa boule.
Durant quatre ans (1811-1814) la manufacture de Klingental fabriqua Jusqu’ à 23 660 pièces. Ne voulant pas rentrer trop dans le détail de la fabrication de cette arme je donnerais rapidement que quelques indications :
Sa fabrication en 1811 est répartie entre plusieurs corps de métier ; Les parties en fer et en acier, qui sont le fer de lance et le sabot, occupent des ouvriers qui les forgent, émoulent et liment.
Les vis sont faites par des hommes désignés a ces taches qui les forgent, liment, taraudent et trempent.
La partie bois sera en frêne, la hampe sera ronde. L ‘ensemble sera posées puis ajustées par des menuisiers.
Voici une planche, ci-dessus, représentant à gauche, sans la hampe, le
fer de la lance avec l'attache et les 10 vis, et à droite les sabots de cette arme. Et tout en bas la hampe en bois.La dimension de cette arme est variable, cela est du au changement de fabrication et décrets mais elle varie entre 265cm et 276 cm.
Quelques exemples de mesure en 1811 : Pour la partie fer de lance la longueur de la pointe au talon de la lame est de 21,65cm la largeur de la pointe de 1,35 cm. Pour celle du sabot sa longueur est de 13,60cm et par exemple une simple vis a une longueur de 1,80cm. Enfin le poids de la lance en 1811 avec la hampe comprise est de 1,96 kg.
LE MANIEMENT DE LA LANCE
Voici les ordres de maniement de la lance en 16 planches (extrait de l'excellent livre, Wojsko polskie de Morawski et Nieuwazny, édition Karabela)
Les "pointez" ne sont sûrs qu'autant que si les ongles sont au dessus.
Question:
que faites vous si des cavaliers ennemis vous suivent et vous serrent de près ?
Il faut vous servir contre eux des à droite, à gauche ou alentour parez, qui deviennent puissamment offensifs, lorsque vous les employez bien.
De part sa grande expérience en la matière, le général De Brack, ancien capitaine de lanciers et auteur des « avant postes de cavalerie légère » nous fait part de quelques consignes d’utilisation de la lance.
Elle est l’arme blanche par excellence, elle a un effet moral puissant, dont les coups sont souvent fatals à l’ennemi.
Tenez votre lance à pleine main et serrée, les ongles au-dessus, et ne jamais employés un mouvement qui nécessitera les ongles en dessous.
Faites en sorte que votre hampe soit toujours plaquée sur votre corps et sur votre avant bras.
La lance sera portée à droite,
son sabot (photo 1 et 1b) reposant dans une botte adaptée à
l’étrier.A l’aide de la dragonne se trouvant au centre de notre hampe, il est possible de passer le bras droit à des fins d’utilisation personnel de sa main (photo 2) Et c'est aussi un ordre celui de "Reposez Lance"
Il est formellement recommander de ne jamais piquer la pointe dans le sol, dans un souci de soin afin de ne pas émousser le fer de la lame.
A l’arrêt former un faisceau (photo 3) ou faite reposer votre arme
toujours debout.Sur votre droite (photo 4) voici une manière de laisser son arme debout, elle passe dans l'étrier et la dragonne de la lance tient sur le pommeau de la selle.
Il est évident dans un souci de commodité, votre cheval ne doit pas bouger.
Pour tout soldat, il y a honte de perdre son arme. Mais il y a un cas où il est permis à un lancier d’abandonner sa lance, c’est celui où il traverse le corps d’un ennemi.
-De Brack raconte :
« A Reichenbach, le plus brave lancier du régiment fut tué, et cela pour récupérer son arme plantée dans le corps de son ennemi, malgré mes ordres et surtout son entêtement d’ honneur, j’eus beau lui crier, « laisse ta lance est payée » il ne me crut pas, et coupé des siens, il périt accablé par les coups de l’ennemi.
LA FLAMME DE LA LANCE
Ont ne peut oublier la flamme faite de différente couleur, mais celle que l’on retient est bien ceux portée par nos « los picadores » et les légendaires chevau-légers lanciers polonais de la Garde, qui sont le rouge et le blanc….
-Pourquoi ? certainement les couleurs nationale polonaise, couleur reprise plus tard par les futurs chevau-légers français.
Pour les ulans polonais les couleurs sont variables en fonction du régiment :
Le 7e par exemple semblait avoir eu des flammes à 3 bandes horizontales le jaune, bleu et rouge. Le 11e le rouge en haut et bleu en bas et une pointe blanche partant de la hampe.
Ceux des régiments lithuaniens (17 à 21) le fanion (flamme de lance) était bleu et blanc, le bleu en haut.
La longueur de la flamme elle aussi était variable, mais une longueur de 65 cm semble celle la plus utilisée.
La flamme de lance peut-être plier dans un étuit.
comme le lancier de la vistule ci-dessous.
J’arrête ici le survol rapide de l’étude de la lance. En souhaitant d’avoir comblé vos lacunes a ce sujet.
Mes sources :
Wojsko polskie de Morawski et Nieuwazny "Gwardia" édition Karabela
Les Traditions n° 206, 104,169,222 et 60
Le livre de Charmy "Splendeur des uniformes de Napoléon"
"Avant poste de cavalerie légère" de de Brack
Une aide de P. Fontanel
Les photos sont de ma soeur que je remercie, prisent sur les journées de Waterloo.
Le 17e régiment de cavalerie, en bas à gauche (ulans) dont
en voici une légère description fut de
cela…..
le plus difficile c'est sa
schapska soit elle porte une plaque comme le décrit "knôtel" c'est a dire avec un bandeau de cuivre portant le numéro du régiment soit directement le cavalier lituanien, cet emblème est mis soit
dessus un demi soleil ou bien encore directement.
l'individualisation des officiers, la provenance des hommes qui composent cette armée et les
ressources du pays, qui sont le nerf de la guerre, bref un amalgame de choses diverses qui concourt à une observation variée pour ce qui est de la tenue que portaient telles où telles unités de
cavalerie à une date précise, 1807--1815, ce qui rend la recherche plus difficile.
ADZIMINSKI