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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 11:47

          Mémoires de Joachim Hempel du 1er Rgt de Lanciers polonais de la Garde à la bataille de Hanau (1813)

 

          numerisation0020.jpg“ A Hanau , les bavarois, alliés aux Autrichiens, voulaient fermer la route à Napoléon. Notre régiment exécuta un grand nombre de charges brillantes, dans lesquelles beaucoup d’officiers se distinguèrent.

Les capitaines Korycki et Mierzejewski furent blessés tous deux. Prés de moi fut tué, d’une balle de carabine, le jeune Gielgud, jeune homme plein d’avenir, dont le frère fut, plus tard, promu général. Radziwill fut aussi blessé à la tête par un éclat d’obus,il mourut de cette blessure, quelques jours plus tard.

             A Lauterecken, nous fîmes une charge particulièrement brillante sur des chevau-légers bavarois. Ceux-ci avaient attaqué la batterie de position du général Drouot et sabraient déjà les canonniers qui se couchaient sous leurs canons, lorsque notre régiment arriva juste à temps, reprit la batterie et anéantit les assaillants, les canons sauvés recommencèrent le feu ”

 

           Mémoires du Comte Zaluski du 1er Rgt de Lanciers polonais de la Garde, en approche sur Moscou.

                 “ Chaque nuit, nous voyions dans la direction de Moscou d’immenses lueurs sur le ciel ; supposant que les deux armées étaient en présence et se préparaient encore à une grande bataille devant Moscou, nous nous rongions de dépit de ne pas prendre part à ce combat. Le général Colbert, en reçut-il l’ordre ou le prit sous sa responsabilité?

              ---toujours est-il qu’il nous met en marche sur Fominsko, vers Moscou et vers l’armée.  Lorsque nous arrivâmes au pied du mont appelé Vorobievski, nous le trouvâmes entouré, occupé et gardé par nos camarades les chasseurs à cheval de la garde ; je m’élançai, ainsi que quelques officiers, vers nos amis en leur demandant immédiatement                             

---“ Et Moscou ? –il n’y a plus de Moscou — comment cela ?---Brûlée ! Regardez!                        

--- ” Nous aperçûmes en effet du sommet de ce monticule, une immense étendue fumante, qui par-ci et par-là achevait de se consumer ; une toute petite partie fut épargnée ainsi que le Kremlin, dominant la ville en hauteur. On ne peut se faire une idée de notre effroi, au point de vue militaire, politique et personnel…Nous étions épuisés par la marche depuis Kowno, les vêtements déchirés, pas de linge propre, et nous étions comptions sur les ressources de la capitale ! Les chasseurs interrompirent nos réflexions en nous offrant du vin de Don, sorte de mousseux comme du champagne ; nous bûmes donc à la santé de l’Empereur, à notre heureuse rencontre, à l’heureuse issue de l’expédition, et nous nous remirent en marche, un peu consolés. ”

 

          Lettre envoyée par le colonel Brzechffa colonel du 17éme lanciers au général Comte Krasinski, expliquant le dénuement le plus complet de son régiment en 1814.

                  "Comme chef de mon régiment, je ne puis voir avec indifférence les privations et les souffrances des officiers auxquels j’ai l’honneur de commander.                                                     

                      La petite ville de Garwolin est tellement misérable qu’il est impossible de trouver des approvisionnements et d’y organiser une cuisine tolérable, comme il convient à des militaires.  Les bourgeois se considèrent comme lésés d’avoir à entretenir les officiers chez eux, ils sont logés et nourrit aussi mal que possible.

            Nous aurions été fort heureux d’organiser une table commune qui serait convenable et ne coûterait pas trop cher, mais notre garnison est si misérable qu’elle ne nous permet guère de le faire. Je viens donc vous prier, mon général, comme notre protecteur, de nous faire renvoyer dans la garnison de Siedlce où il n’y a pas de troupes".

 

            Mémoires du général Szymanowski, sur les journées de la Bérézina (1812)…

     "La veille du passage de la Bérézina, ou même quelques jours avant, la division de Dabrowski, dans laquelle je commandais un régiment ou plutôt une colonne mobile composée d’hommes de toutes nations et appartenant à différents régiments des armées alliées, livra une bataille à l’armée de Tchitchagoff prés de Borysow.

        A cet endroit il y avait un pont, seul espoir de l’armée française en retraite. Nous nous numérisation0021-copie-1battîmes autant que nos forces nous le permirent pour défendre ce pont et le garder en notre possession ; mais nos efforts furent vains ; et, après une lutte de plusieurs heures, nous fûmes obligés de céder à la force et d’abandonner ce pont de Borysow qui nous était si nécessaire.      

    

     Nous reculâmes vers la grande Armée et pendant ce temps, le colonel Sierawski, commandant le 6éme régiment d'infanterie polonaise, fut coupé de nous. Resté de l’autre côté de Borysow et ne sachant que faire, il longea le bord de la Bérézina, lentement poursuivi par les Russes. Le soir, il arriva dans un petit village situé sur le bord de la Bérézina ; et, voyant qu’il gelait de plus en plus, Sierawski rassembla les paysans sur la rive, leur fit apporter toute la paille qui se trouvait dans le village et leur ordonna de la jeter sur les glaçons. De cette manière, la rivière fut complètement prise ; il passa alors avec son régiment sur cette digue artificielle et arriva sur l’autre rive, non sans avoir perdu une quarantaine d’hommes qui trouvèrent la mort sous les glaçons."

 

 

          Mémoires du général Brandt, officier à la légion de la Vistule, lors d’une revue en 1812, qui n’avait pas répondu à l’attente générale.

               "On comptait sur une pluie de promotions, de décorations, de gratifications ! Il n’y en eu pas, en, tout plus d’une trentaine pour le 2e régiment de la Vistule qui, depuis quatre ans, vivait ou plutôt mourait dans une atmosphère de balles et de mitraille.numérisation0022-copie-2

                  

                Dans ma compagnie, il ne se trouvait pas un soldat qui n’eût été blessé depuis 1809, et elle n’eut pour sa part que deux décorations.

        

                    Nous eûmes bientôt un autre sujet de mécontentement. Arrivés le 4 avril à Sedan, où se trouvait toujours le dépôt général de la légion de la Vistule, nous apprîmes que le 2e régiment était désigné pour faire partie de la division Claparède, et ce fut ce général qui nous passa en revue en 1812. Cette dislocation des troupes polonaises semblait déjà, à plusieurs de mes camarades, de mauvais augure pour la reconstitution de la Pologne."

 

 

          Lettre faite par le colonel Brzechffa, commandant le 17éme régiment de lanciers, au Comte Krasinski, général de division et commandant en chef des troupes polonaises.

              Me conformant à vos ordres, j'ai envoyé un escadron commandé par le major Kamienski et composé d'un chef d'escadron, de deux capitaines et deux lieutenants, deux sous lieutenants, dix-huit sous-officiers, deux trompettes et cent dix lanciers. J'ai taché de choisir les meilleurs chevaux, des hommes beaux et intelligents. il ne leur manque pas grand chose quant à l'harnachement. Les chevaux sont de bonne condition. Les soldats ont tous des armes. Mais il leur manque des bottes et éperons, les uniformes tiennent à peine et les chemises n'ont que des cols entiers.

              Cela ne les empêche pas d'être pleins de bonne volonté et animé de l'espoir que Votre excellence voudra bien s'occuper de leur équipement. Leurs "czapska" les défigurent. le reste de mon régiment est dans un état déplorable.

                Pour l'honneur du régiment ils se sont crû en devoir de donner à l'escadron qui partait presque tout ce qu'ils possédaient.

             Mon général! j'ai même peur de vous montrer la misére de ces pauvres gens. Vous m'avez annoncé votre arrivée prochaine ce dont je suis fort heureux, j'aurai cependant desiré qu'elle n'eut pas lieu avant au moins une semaine, pour que je puisse organiser un peu ma troupe qui a beaucoup souffert par le départ du seul escadron présentable.

              Si vous m'y autorisez, mon général, je voudrais arranger un second escadron pareil à celui qui est parti, seulement ce ne serait plus des lanciers mais des chasseurs, car il nous reste plus qu'une lance.

                                                                                   Brzechffa, colonel du 17éme régiment

 

                numerisation0023-copie-2.jpg   

 

 

 

 

 Sources:

Hempel J et Comte Zaluski. tiré du livret "Les chevau-légers polonais de la Garde (1812-1814)" librairie Teissedre

Brzechffa Tiré du livre "Histoire du 17éme régiment de cavalerie polonaise"

Général Brandt tiré du livre "Souvenirs d'un officier polonais" librairie des deux Empires

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Published by M.patrice - dans Histoire
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