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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 20:22

                       L’article que vous allez lire concerne un combat qui aurait pu passer inaperçu entre le 1er Régiment de Chevau-légers lanciers de la Garde, donc des polonais, et des hussards prussiens, le lieu se situe à Péterswalde, actuellement en république tchèque, en date du 16 septembre 1813 quelques jours après la victoire de Dresde. Dans cette affaire, le propre fils de Blücher, blessé, fut fait prisonnier par nos Polonais.

Revenons un court instant quelques jours auparavant :

             Fin août, Napoléon bat ses adversaires (les Russes et les Prussiens) réunis à Dresde. La poursuite s’annonce moins victorieuse de part le fait de l’absence de l’Empereur qui laisse le commandement à Oudinot, Macdonald et Vandamme.
             Le 13 septembre, Napoléon quitte les premières lignes et se retire à Dresde où il apprend que Wittgenstein, sachant l’Empereur absent, repasse en Saxe et reprend l’offensive. Napoléon se remet aussitôt en route pour affronter ce général impertinent et le contraint à nouveau à un second repli.
          Napoléon ordonne la poursuite de cette armée. Et c’est là que se déroule le combat de Péterswalde, à la fin du mouvement de poursuite sur l’armée prussienne durant lequel Napoléon tente de rattraper l’Armée de Bohème pour obtenir enfin une victoire décisive.
           On note que le rapport de force, concernant uniquement la cavalerie, côté prussien est de 4 escadrons du 1er régiment de Hussards de Silésie, soit 32 officiers, 68 sous-officiers, 571 hommes et 13 trompettes. Et du côté Français seulement 2 escadrons de Lanciers polonais de la Vieille Garde avec des cavaliers du 4ème régiment de Gardes d’Honneurs .
              Peterswalde

                    LE COMBAT

        Le 16 septembre, le détachement  d’environ 200 hommes (soit 175 Lanciers et 25 Gardes d’Honneurs), l'ensemble sous le commandement du chef d’escadron Fredro, entre en Bohème pour se joindre à un autre détachement et pour ainsi achever la poursuite de l' ennemi.
        Mais une fois arrivés à Nollendorf, au-delà de Péterswalde, ils rencontrent sur une hauteur les 4 escadrons du 1er Hussards de Silésie, ci contre à droite , qui font face aux français, ce régiment de hussards est commandé par le colonel Blücher (fils).
        Cette cavalerie est accompagnée de deux pièces de canon et par de l’infanterie ;
   Rien n' éffraie nos braves polonais, et  au commandement de charger, ils s'élancent  avec impétuosités et fougues sur les  prussiens, les sabrent et les dispersent, les hussards de Silésie perdent un assez grand nombre d’hommes dont leur colonel qui dans la fuite est séparé de sa troupe puis fait prisonnier.
          L'histoire raconte que le brigadier Wojciechowski s’empare du colonel Fritz (comme l’appelait son père) qu’il conduit avec fermeté à l’Empereur, Blücher (fils) blessé d’un coup de lance et surtout dans son orgueil, se trouve devant l' Empereur,  malgré la sollicitude que Napoléon mit à le faire soigner, le prussien montra un visage grincheux et plutôt rempli de colère que de souffrance. La raison en est peut-être que son régiment de hussards n’a pas soutenu le choc et s’est séparé de lui au moment du combat...
            L' Empereur demande à Larrey de soigner ce colonel récalcitrant, au plus grand étonnement des autres soldats prussiens, cela fut chose faite avec le plus grand respect ce qui au passage sauva la vie du comte Larrey à Waterloo, car au moment de rendre des comptes aux vainqueurs de cette funeste bataille,  Blücher (père) lui apporta à son tour son aide.
             Quant au brigadier Wojciechowski, qui lui-même a été blessé très gravement dans l'affaire, reçut la croix, mais le malheureux n’en jouit pas longtemps : il meurt peu de temps après des suites de ses blessures…
            
                          
                
                     
   EPILOGUE
           Napoléon passa en revue la troupe victorieuse et voyant les gardes d' Honneurs : il demanda à un officier polonais en l'occurrence le capitaine Jankowski, comment se sont comportés ses jeunes gens.
  -le capitaine répondit ; " comme des Français Sire".........

   Il est intéressant  de lire la version coté prussienne de ce combat :

             Le 16, l'ennemi français renouvela son attaque, le régiment ( le 1er Hussards Silésien ) forma l'arrière-garde de l'aile droite en retraite, l'arrière-garde de notre aile gauche était composée de cavaliers russes, cette troupe fut prise à parti par des cavaliers ennemis, grâce au soutien du général Comte Von Pahlen nous avons pu reprendre une hauteur proche de Péterswalde.
              Dans le même temps, un régiment de uhlans
 ( lanciers polonais) ennemi se retrouva seul et face à notre aile droite à proximité du 1er Hussards de Silésie. Ce régiment de lanciers se rapprocha si  dangereusement vers notre position que le colonel Von Blücher voulut commencer son attaque, lorsque le commandant des uhlans ( les chevau-légers de la Garde) agita un mouchoir blanc tout en disant ;
-" Ne chargez pas Hussards, nous sommes des Russes"
        ce qui provoqua un certain flottement au sein de l' unité prussienne et laissa un temps à nos ennemis de s' approcher puis de nous charger.
         Leur attaque si violente et subite nous repoussa de quelques 300 pas en arrière. Dans cette retraite précipitée, une mêlée s'ensuivit dans un tourbillon de charge, le colonel du 1er hussards a été blessé plusieurs fois et laissé prisonnier.

    Note personnelle :
     Il est amusant que de voir qu'en 1813, les prussiens pourtant accoutumés à se battre contre les Français ne savent pas reconnaître des cavaliers Russes à ceux des chevau-légers lanciers de la Garde.


 Je remercie particulièrement Mr Pierre. Toussaint pour son aide et son accord pour la publication de cette aquarelle unique (ci-dessus), faite par un artiste de talent qui est Mr Courcelle.
 Je remercie aussi Patrick.Fontanel  et M.Diégo pour leur aide...


  Mes sources :
Un carnet de la sabretache
Et la collaboration de Mr Toussaint
  Planches :
 Knôtel n° 29 Band II
  Le combat de Péterswald (collection privée) appartenant à Mr Toussaint.





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Published by M.patrice - dans Histoire
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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 09:44



                            Comme vous le savez, au Duché de Varsovie, seulement 2 régiments de hussards virent le jour le 10e et 13e, voir le chapitre sur les hussards.  Il me semble indispensable de voir à présent la tenue des trompettes.

          Avant de commencer, un petit rappel sur les trompettes :
          Sachant que les hussards du duché de Varsovie avaient le même règlement que les hussards français.
             On retiendra que les trompettes étaient au nombre de 16 par régiment plus un brigadier trompette à l’état-major.
             Le rôle du trompette est de  maîtriser parfaitement les 28 sonneries réglementaires que ce soit dans les quartiers ou en campagne, en bataille c'est lui qui transmet les ordres reçus de ses supérieurs grâce au son de son instrument.
           Placé au sein de son régiment, lorsque celui-ci est déployait en bataille, se trouve au centre et à vingt pas en arrière du régiment, en déplacement en colonne il est au centre du régiment dans l’intervalle des deux premiers escadrons, lors des revues on le place à quatre pas à droite du régiment et pendant une charge le trompette est derrière la troupe.
           De toute évidence le trompette reste un cavalier important au sein de sa compagnie c’est lui qui transmet les ordres reçus de par le bien des sonneries, et par conséquence son uniforme doit être reconnu par ses officiers, d’où l’intérêt de porter un uniforme reconnaissable au premier coup d’œil.

ci contre trompette du 10e avec un officier .

            Mais revenons à nos hussards polonais :
           
             Les trompettes des deux régiments se présentaient plutôt bien. Avec leur grand bonnet de fourrure rousse de renard surmonté par un plumet. Le caractère national des trompettes étaient souligné par la couleur rouge et bleu et sur la sabretache un grand aigle polonais.

           Reconnaissable avec son colback : de fourrure rousse en peau de renard :
Celui de gauche représente le colback de trompette du 13e avec flamme en rouge  et celui de droite celui du 10e.
          
La flamme du 10e est rouge ainsi que la base de son plumet tandis que le 13e est bleu et la base du plumet idem. La seule chose qui est identique c’est le cordon, blanc avec la couleur cramoisi. 

                      bonnet-de-trompette.JPG                                           

                 La pelisse (en polonais la metyk) des trompettes reste pour les deux régiments identiques c’est à dire blanche, avec brandebourg tressés de fils blanc et cramoisi ou jaune et cramoisi, bordée de fourrure rousse de renard.               
           L’uniforme comprend 3 rangées de 18 à 20 boutons selon la taille.
Les boutons pour le 13e sont blanc et ceux du 10e sont jaune comme pour le régiment.
                                  
                                                                                  Ci contre une pelisse du 10e               



             Le dolman quand à lui change suivant le régiment et avec seulement deux couleurs de base qui sont le bleu et le rouge, les brandebourgs sont blancs et cramoisi ou jaune et cramoisi suivant le régiment et en respectant toujours le galon de couleur blanc pour le 13e et jaune pour le 10e.
             Une remarque de plus qui a son importance, les bottes du 10e sont jaune et celui de son confrère, le 13é,  rouge.
                              Celui de gauche et un dolman du 10e et celui de droite du 13e
         pelisse-trompette.JPG                                                               
              
                                   L’armement du trompette reste identique à celle de la troupe. Le clairon ne possède pas de bannière mais un cordon blanc ou jaune avec du cramoisi suivant le régiment. Ci- dessous nos trompettes avec pelisse.
     trompette10.jpg

 







 

J'attire votre attention sur le fo
nd de la sabretache du trompette, rouge pour le 13e à gauche et noir pour le 10e à droite.

                                                                                                   
               Pour les trompettes d’élites une petite différence, la schabraque en peau de mouton de couleur blanche avec des dents rouges sans couverture.



  .




   Mes sources :
  Kawaleria de ryszard Morawski et Henryk Wielecki
   Les trompettes de cavalerie dans la grande armée de A. Pigeard  TRAD n° 215
  L'armée du Duché de Varsovie par J.V Chelminski et A.Malibran


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Published by M.patrice - dans La Cavalerie
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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 10:17

                La montée fulgurante de Napoléon Bonaparte dans la politique européenne et la victoire de celui-ci sur les prussiens en 1806 attira l'attention de la Pologne qui  vit une chance de regagner son indépendance. Napoléon créa le Duché de Varsovie suite au traité de Tilsit et invita le général Dombrowski (Dabrowski) à créer une armée entièrement polonaise. Douze régiments d'infanterie virent le jour rapidement sous la forme de 3 légions ou divisions en français.
               
                
Annexés par ses voisins l' Autriche, la Prusse et la Russie en 1795 et contraint de servir militairement les nouveaux maîtres une grande quantité d’officiers et soldats polonais en profitèrent pour déserter avec leur armement et fourniment.
          C 'est ainsi que des hommes aguerris s’enrôlèrent dans une nouvelle armée, celle du Duché de Varsovie

                        Au tout début de la création du Duché, les Polonais en quête rapidement d’indépendance, s’armèrent de faux et de piques à défaut de fusils et aidaient les soldats français à désarmer les garnisons prussiennes et ainsi récupérer l’armement nécessaire pour s'équiper.
                        
                        Mais cela ne suffisait pas et pour créer une armée efficace, il faut de l’argent. Si les hommes ne manquent pas ce n’est pas le cas de l’équipement. C'est pourquoi les habitants des régions principales de Kalisz, Poznan et Varsovie ont fournit par collecte et cela de plein gré de l’argent ; les plus riches opteront pour la création de leur régiment à leur frais.
                    Vers 1813, le duché alignera définitivement 22 régiments d'infanteries, chaque régiment à 3 bataillons de 6 compagnies.

                                        LA TENUE DU FUSILIER

           La coupe de l' habillement sera le même pour tous les régiments d'infanteries, tous les régiments portent la Kurtka (l' habit en France).

           Au commencement jusqu' à mars 1807, l'infanterie portait la kurtka de couleur bleu foncé, revers et parements cramoisis (couleur nationale polonaise), czapska ( shako ) en feutre noir, garni d'un demi-soleil en métal jaune, manteau brun, pantalon bleu foncé ou blanc.


Les plumets, pompon, épaulettes et cordons :
ROUGE pour les grenadiers
JAUNE pour les voltigeurs
BLEU pour les fusiliers..........

       Puis suivant le décret du 2 mars 1807, l'uniforme change il y avait alors douze régiments d'infanteries et la tenue évidement change ainsi que les couleurs distinctives. Les 12 régiments étant répartis en 3 légions (division en France) de 4 régiments chacune.
-----la 1er aux revers jaunes, col et parements rouges, boutons cuivres
-----la 2éme revers cramoisis, col et parements cramoisis, boutons blancs
-----la 3éme revers blancs, col et parements blancs, boutons cuivres
 
   En 1810 tout les régiments soit 17 portent la même tenue aux couleurs distinctives du régiment sauf le 13éme qui est habillé de drap blanc.
   En 1812 avec l'annexion de la Lithuanie, l 'infanterie polonaise passe à 22 régiments.

La particularité de cette tenue:
Le revers droit fermé par 2 boutons sur le devant de la Kurtka.
Collet droit fermé.
  
     La Kurtka (ici décret du 3 septembre 1810) comportait 7 petit boutons de chaque côté du revers
3 grands au-dessus sur le cotés gauche, 2 grands dans le dos,
3 petits à chaque poche, 1 petit pour chaque épaulette et 3 petits sur les parements en botte (manche)
     Boutons plats en métal jaune portant en relief le numéro

du régiment.        
                                                               


        
   

                        Le pantalon bleu foncé en hiver, et blanc en été,
                   le pantalon était porté par dessus les guêtres,
                      qui pouvaient être noires en hiver et blanches en été.

           


     Les chaussures réglementaires sont identiques, il n'y a pas de côté gauche et côté droit et elles ne sont pas au bout aussi carrée comme l'on veut bien nous faire croire..
( tradition 216, page 34).
     En 1812 L' Empereur prescrit à l' administration de la guerre que chaque soldat en partance pour la campagne de Russie soit équipé de 4 paires, une au pied, deux dans son sac et une dans le fourgon du bataillon, gageons que nos polonais aient la même quantité.

                   La schapska appelé en France le shako est typique pour les troupes polonaises.

  Sa forme reconnaissable aux dimensions de 24 cm de côté sur 23 cm de haut. La plate-forme est noire sans galon.
       Sur le devant de cette coiffe on peut distinguer une aigle polonaise en métal blanc en-dessous une plaque en cuivre avec le numéro du régiment en relief,
 au-dessus de l'aigle une cocarde blanche surmonté d'un pompon noir et un cordon blanc, le fusilier du duché de Varsovie ne porte pas de plumet.
        Les jugulaires en forme d'écaille avec une rosace à une étoile à 5 branches pour les fusiliers, une grenade pour les grenadiers et un cor pour les voltigeurs.                                                                          
                                                                                  

       
                              

              ARMEMENT ET EQUIPEMENT DU FUSILIER

               L'armement du fantassin polonais est assez disparate il se compose en partie du fusil prussien et celui de l'autrichien, cette armement provenait en grande majorité par les soldats polonais ayant déserté. De plus les français dans leur conquête en 1807 permirent de fournir un armement suffisant, à  la nouvelle armée du duché de Varsovie. Cet armement provenant des dépôts prit à l'ennemi.

                               
                      
                   Celui de gauche est le fusil modèle 1801 à silex
        avec la longueur de sa baïonnette de 0,79cm. Celui de-dessus est toujours un modèle prussien à silex de 1780 avec la baïonnette plus petite de 0,43cm. 
                   Au début de la création du duché, les fusiliers ne portent pas de sabre, ce n'est que vers les années 1810 que l'on vit le sabre briquet
                   La giberne noir avec buffleterie blanche.         
Sur la giberne le chiffre du numéro du régiment pour
les fusiliers, un cor pour les voltigeurs et une grenade pour les grenadiers.
   
                    Bonnet de police bleu avec ornement
                                             et gland rouge.                  

                  
 Havresac à la française, manteau de couleur gris Beige
  avec passepoil rouge au collet.



        Epilogue

        C'est ainsi  que notre fusilier polonais du duché de Varsovie part en campagne pour la première fois en 1812. Certains equipés encore avec un fusil prussien, une schapska typique polonais et un équipement secondaire de plusieurs nations sous un commandement entièrement polonais et avec une rage de vaincre et de liberté. 
       Durant la campagne de Russie son aptitude aux rigueurs de l'hiver lui permettrons de moins souffrir du froid et la connaissance
de la langue russe lui permit bien des égards de la part de la population de la grande Russie.
       Mais ce sont dans les combats que les polonais subirent des
pertes énormes puisque presque toujours en tête des assauts.

          Au retour de Russie, les débris du corps polonais qui venaient du Niémen, passèrent devant le prince Poniatowski qui se trouvait au palais à Varsovie, les polonais défilent avec leurs 40 canons, les drapeaux des bataillons disparus, et seulement 400 soldats, le prince fondit en larmes en les voyant et ne put prononcer un mot.
      Tout ce qui reste de l'infanterie de la Pologne depuis le début de sa création.



Mes sources :
l'Armée du duché de Varsovie par J.V Chelminski et A Malibran.
Souvenir d'un officier polonais par De Brandt     
Poles and Saxons of the napoleonic war de G. Nafziger
Splendeur des uniformes de Napoleon de Charmy
Revue Soldats Napoléoniens 7 " les troupes coalisées" infanterie prussienne par A. Umhey  
 
Images :
Napoleon.Gery
Poles and Saxons napoleonic war   
  
Le  fusilier par J.V chelminski
                                                                                            

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Published by M.patrice - dans L' Infanterie
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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 18:41


        Le bataillon polonais de la deuxième division de la Veille Garde est un élément peu, voir mal connu, de l’organisation à la Garde impériale, comme l’est de toute évidence, celle des polonais dans nos rangs.
            « On dit que l’Empereur avait l’idée de former un bataillon de la Garde polonaise, et l’on nommait déjà comme chef de ce bataillon le major Kurcjusk , d’un régiment d’infanterie, qui avait la réputation d’être un bon et brave officier. Mais ce ne fut qu’un projet. » --a écrit dans ses mémoires Joseph Grabowski.
        Notre brave officier s’est bien trompé : le Bataillon qui, au passage, est la deuxième unité polonaise de la Garde impériale après les chevau-légers lanciers, non seulement existait mais se battait déjà en 1813 aux cotés de la deuxième division en tant qu’unité rattachée à la Garde.
        La formation de la nouvelle division de la Garde prit naissance suite à la désastreuse campagne de Russie, mais personne ne soupçonnait que Napoléon pensait à y inclure un bataillon polonais. Surtout en voyant dans quel état les débris du Vème corps de Poniatowski se trouvaient.
       D’une manière générale, l’Empereur se préoccupait constamment de l’état des troupes et en particulier de celui du VIIIéme corps polonais nouvellement créé en date de juin 1813. Il écrivit dans ce sens au Duc de Bassano pour un rapport détaillé de cette unité dans un courrier du 5 août 1813

:                             
        L’Empereur demanda au Duc de la manière dont est dirigé l’équipement des polonais, tout en lui faisant remarquer le manque dans les détails ainsi que dans le budget.
-« il faut me remettre un compte où je puisse voir à quoi m’en tenir. Il faut constater la situation du corps polonais au moment de sa formation, et cela en trois parties, infanterie, cavalerie et artillerie ; il faut me faire connaître ce qu’il en coûtera pour habiller ce corps à neuf, en supposant qu’il fût composé de nouvelles recrues, et en distinguant l’habillement, le grand équipement et le petit équipement, et ensuite il faudra faire un nouveau calcul, non composé de recrues……. »
        On fit de même pour la cavalerie en prenant soin de bien séparer les chevaux bons pour la réforme.

        La nouvelle formation de la Vieille Garde devait comporter 2 divisions à 2 brigades :
La 1ère division commandée par le Général Friant
1ère brigade ou brigade de chasseurs                  4 bat
2ème brigade ou brigade de grenadiers               4 bat

La 2ème division commandée par Curial
3ème brigade ou brigade de fusiliers                    4 bat
4ème brigade,
2 bataillons de Vélites, Turin et Florence
1 bataillon de la Garde saxonne
1 bataillon de la Garde polonaise                        4 bat

A cette brigade furent attachés aussi :
1 bataillon de Garde Hessois
1 bataillon des fusiliers Hessois
1 bataillon de Fusiliers-Garde Westphaliens
et 4 compagnies de Grenadiers des 2eme et 3eme de Ligne Westphaliens, et 1 batterie à pied Westphalienne du IX corps.

FORMATION DU BATAILLON POLONAIS

Les articles de l’Empereur datés du 14 septembre 1813 relatifs au bataillon polonais sont
Art 12 :
Le bataillon polonais de la Garde sera réuni sans délai à Dresde. A cet effet, le prince Poniatowski formera sur-le-champ les cadres et enverra les hommes nécessaires, en choisissant les hommes ayant plus de 23 ans et ayant au moins 2 ans de service.
Art 13 :
Ce bataillon aura l’uniforme de l’infanterie polonaise avec des bonnets de grenadiers. Il sera équipé au moyen des magasins établis à Dresde par le ministre des Relations extérieures pour le corps polonais,

Mais une fois qu’il aura été équipé, il sera soldé et entretenu par le Conseil d’administration des grenadiers de la Garde. Les grenadiers polonais touchaient la même paye que ceux de la garde française.

        C’est au général-baron Antoine Drouot que l’Empereur demanda d’élaborer le projet de décret de formation et d’organisation du bataillon polonais.
        Celui-ci présenta un texte daté du 2 octobre 1813, qui prévoyait entre autres choses :
1 commandant de bataillon
1 état-major comprenant 6 officiers et 8 sous-officiers
4 compagnies de 4 officiers et 200 sous-officiers et soldats, ainsi que 3 conducteurs assignés.
Dans chaque compagnie 3 tambours et 2 sapeurs.
Pour un effectif de 800 hommes en théorie mais en réalité le bataillon n'a pu réunir que 600 hommes.

    La solde de tous devait égaler celle du 2e régiment des Grenadiers de la Garde Il en était de même pour l’équipement, l’armement et l’alimentation.
    S’ils ne l’avaient pas reçu auparavant, les officiers recevaient en plus, une fois la masse pour leur équipement. Un afflux important d'officiers, pour 22 postes à pourvoir. C'est pourquoi Poniatowski a dû à maintes reprise, mettre fin à des querelles et décider qui allait occuper les postes dans la Garde.

            Le décret fut soumis à l’Empereur, et le 5 octobre 1813, il signait ce texte en y apportant quelques modifications, notamment de retirer les portes aigles soit 1 officiers et 2 sous-officiers car il ne comptait pas fournir de drapeau à cette unité.

            Entre le 14 septembre et le 5 octobre 1813, Napoléon ne cessa d’écrire à Berthier, à Drouot, à Clarke et à Daru pour la formation de ce bataillon.
            Poniatowski lui-même envoya un courrier à Berthier pour lui rendre compte qu’il ne pouvait fournir les soldats nécessaires du fait que dans le VIIIème corps il n’existait pas plus de 1800 hommes qui aient plus de deux ans de service.
        Au fond de lui, bien qu’il affichât officiellement sa propre reconnaissance et celle des polonais, pour cet honneur que l’on faisait à ces soldats de pouvoir entrer dans la Garde, le prince n’était pas heureux.
        En effet, dès la nouvelle de la création de ce bataillon, quelques centaines de soldats de valeur et physiquement forts avaient quitté la jeune armée polonaise de son corps pour la Garde. Poniatowski proposa avec fermeté d’étendre les engagements pour la Garde à d’autres unités polonaises, celles des deux régiments de Dombrowski et aux régiments polonais disséminés parmi les corps français dont ceux de la Vistule. Ce qui porterait sur un choix approximatif de quelques 10500 soldats polonais en incluant les dépôts.
-Cela fut chose faite-.

  
             En 1813, par ces temps de pénurie et de souffrance, rhabiller à neuf les polonais n’était pas une mince affaire, d’autant plus que Poniatowski demanda que les grenadiers soient équipés de la même étoffe que celle de l’habillement des grenadiers de la Garde française ;
    -il s’agissait dans cette démarche de créer les meilleures conditions possibles pour habiller et équiper cette élite de l’armée polonaise et cela pour un coût approximatif selon les calculs de Bignon, alors diplomate en place à Dresde, de 197 028 francs.  A titre comparatif cela fait pour un an 5 fois la solde d’un maréchal d ‘Empire et 13 fois celle d’un général de division,
        Soit 126 428 francs pour l’habillement, pour le petit équipement 45 800 et pour le grand équipement 21 600. Reste un petit surplus de 3200 francs.
        Ces chiffres ne prennent pas en compte le coût des futurs bonnets de grenadiers.

        C’est à Dresde, dans la caserne de la Garde saxonne qui constitua leur lieu de casernement, que les grenadiers polonais dont la taille requise était de 1,78m reçurent leur équipement, leurs uniformes ainsi que leurs armes et tambours.
          Et le 5 octobre le bataillon polonais fort de 700 hommes vit le jour officiellement le commandement est confié à un jeune major, Stanilaw Kurcyusz,  âgé seulement de 29 ans .
          Le 15 octobre l’Empereur passa en revue la 1ère compagnie et leur recommanda vigilance et courage dans l’avenir.
            

            L'UNIFORME

            D’après un rapport de Seiffert l’uniforme du bataillon polonais devait être ressemblant à celui des fusiliers-grenadiers de la Garde impériale.
            Si bien que conformément au décret du 14 septembre, les soldats ont conservé leur kurtka à basque courtes et revers échancrés si caractéristique des polonais, les couleurs de cet habit étant bien celles des fusiliers-grenadiers : en drap bleu à collet de même, revers blancs, parements écarlates, pattes de parement à trois pointes blanches fermé par trois boutons, retroussis agrafés écarlates et boutons jaunes.
             Les épaulettes à corps et franges blanches sont soutenue par un passant de même. Le baudrier de sabre briquet ainsi que la banderole porte giberne sont en buffle blanc.                    
             Dragonne en laine rouge.
             Le pantalon dans le même drap bleu et porté par dessus les guêtres.
             Les polonais conservèrent leur capote de couleur gris
« souris » à la différence de ceux de la Garde française qui est de couleur « bleu ».
                                        Notre grenadier de la Garde polonaise
        Le problème survient pour ce qui est du couvre-chef : suivant le règlement il devait y avoir des bonnets de grenadiers, mais d’après des sources diverses, le shako d’exercice de la Garde saxonne fut porté par nos polonais, bien évidemment en y apportant des modifications tels que le monogramme sur le devant du shako « F.A » qui aurait été enlevé, pour être soit disant remplacé par l’aigle impérial. Mais dans les faits, ce remplacement ne fut jamais réalisé.

         Le shako est de forme française avec calotte en cuir rabattue et bourdalou de cuir noir. Les jugulaires sont à écailles en laiton et rosaces sans motif.
        Pour ce qui est de la cocarde, bien des éléments laissent à penser qu’ils portèrent celle déjà en place c’est à dire une cocarde blanche.

        POURQUOI  le shako et non le bonnet de grenadiers ? :

Question difficile et qui reste encore sans réponse concrète :
            D’après les mémorialistes et historiens, il serait possible que la moitié du bataillon ait porté le shako pour des raisons économiques ou encore par manque de matière où de temps de confection d'un bonnet.
            Mais l’Histoire raconte que le 3ème jour de la bataille de Leipzig, on vit le général Curial, alors commandant de la 2ème division de la Veille Garde, ayant aperçu beaucoup « d’oursons » traînant sur le champ de la bataille, terrain gagné récemment par le corps polonais voisin de la Garde mais où il subit de lourde perte, fit ramasser ces bonnets si précieux.
            Mais malheureusement l’Histoire ne dit pas pour à qui étaient destinés ces couvres-chefs tant convoités par sa division.          

  L'image de droite représente un tambour de la garde.
Comme vous pouvez le voir cet homme porte la schapska polonaise.




        L’UNIFORME DES OFFICIERS

        Tous sont coiffés du chapeau de feutre noir, gansé de soie avec tirants et glands or, sans plumet. Il porte l'habit droit bleu foncé à un rang de boutons en métal doré. Les retroussis ponceau sont ornés de grenades brodés en fil d'or. Epaulette dorées, hausse-col de même.
Le pantalon du même drap que la tenue est orné d’un galon or le long des jambes. Il se porte sur ou sous des bottes dites à la Souvaroff.

Officier polonais en tenue de campagne. Ici notre officier porte la "légion d'honneur et la Virtuti militari"

LES FAITS D'ARMES DU BATAILLON


        Le 16 octobre,   
        Le bataillon polonais du major Kurcyusz attaque les Autrichiens par le flanc gauche, l’infanterie et l’artillerie du VIIIème corps polonais retiennent l’ennemi de front. Le flanc droit est attaqué par les Krakus. Au cours de cette journée, la Vieille Garde de la division Curial s’est jetée à la baïonnette sur les Autrichiens et les a refoulés sur la rive gauche de la Pleisse. Nos polonais font prisonnier le général Merveld avec 1200 hommes et mettent fin au danger du moment.
        Le 18 octobre
            Attaque des trois bataillons de la quatrième brigade de la Veille Garde, dont les Polonais, sur le village de Prolostheyda en aidant les troupes polonaises de Poniatowski et les Français de Victor et de Lauriston qui défendent la ligne entre ce village et Connewitz.
        Le 19 octobre
                La Garde impériale est entrée en ville (Leipzig). La musique de la Vieille Garde a joué pendant la prise d’armes des bataillons saxons et polonais en faction sur la place. Anecdote au contraire de leurs compatriotes qui passèrent à l’ennemi, les bataillons saxons des capitaines von Dressler et Scharffenstein sont restés dans les rangs de la quatrième brigade de la Vieille Garde. L’Empereur les remercie et les renvoie auprès de leur souverain.
        Le 30 octobre
                Les restes du bataillon, dont le capitaine Smett est devenu le commandant du fait que son prédécesseur a été fait prisonnier à la bataille des Nations, prennent part à la bataille de Hanau et subissent de lourdes pertes.
       Le 1er novembre
                 Le bataillon passe Francfort-sur-le-Main pour aller caserner à Mayence où il reste une dizaines de jours.
        Le 5 novembre
                Un rapport fait état de l’effectif des polonais de 15 officiers et 82 sous-officiers et soldats.             Décembre 1813
                Les officiers et soldats du bataillon sont envoyés sur Paris pour y être incorporés dans le 3ème régiment d’Eclaireurs de la Garde.

-"Ce troisième régiment fut formé de polonais de la division de Sedan avec également six compagnies supprimées du 1er    régiment de chevau-légers et, par suite de l’incorporation du 3e chevau-légers et des volontaires de Cracovie et du
reste du bataillon polonais de la Garde."-


Mes sources :
Carmet de la sabretache n° 111-E 1er trimestre 1992
Mémoires militaires de Grabowski.
Tradition HS Napoleon et les troupes polonaises n° 8
L'armée du duché de Varsovie de Chelminski et Malibran

Planches :
1er Kossak
Les figures sont de Sazonow inspirées des dessins de Wilke.

Avec la participation de patrick.Fontanel

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 09:36

                             Ce régiment est créé le 10 juin 1809 sous le nom de 1er régiment d’infanterie franco-galicien, il est formé à Lublin, sa composition initiale est de  trois bataillons, dont le premier bataillon sera composé de français, allemand et italien, le régiment aura un effectif de 3.435 hommes, puis placé sous les ordres du colonel Szneyder August.
        E5n 1810 il intègre l’armée polonaise sous la domination du 13éme régiment, il est placé alors sous les ordres du colonel Zymirski.
                              Dés sa formation terminée le régiment se rend à Zamosc, où il restera fidèle à cette ville de garnison jusqu'à la capitulation en 1813.


      numérisation0018  Le 1er mars 1812, pour la campagne de Russie il forme avec le 16e d’infanterie la 2e brigade de la 1er division du corps d’armée polonaise. Le 3 mars le corps polonais devient 5e de la Grande Armée et la 1er division prend le numéro 16.
    Le 13e présente un effectif de 67 officiers et 2612 hommes. numerisation0019.jpg


Ce régiment, dont la tenue toute particulière qui consiste à une Kurtka blanche à revers, parement et collet bleu ciel, se distingue dans de nombreuses affaires, des combats comme celui du capitaine Kosakowski qui à la tête de 2000 hommes attaque une batterie ennemie et lui enlève des pièces d’artillerie, ne sont pas rarissime.

à gauche grenadier 1809/1813

La fin du régiment se situe vers 1813, où bloqué dans la place de Zamosc, au bout de quelques mois la garnisson souffre de la famine et du scorbut, il capitule le 22 décembre de la même année.

                                                                                                à droite un fusilier 1809/1813


      numerisation0016.jpg

     De gauche à droite : Grenadier 1810......Tambour-major..........Tambour de grenadiers......... Sapeur............
                                            Voltigeur.........Officier......

          
rect le 5 avril 2010

Mes sources et planches : 
                          L'armée de Napoléon de J.Domange  (LCV)
                          Poles and saxons.....
                          Osprey (Napoléonic Polish Troops).....
                          Splendeur des uniformes de Charmy........
                          Vae Victis Spécial n°2.....
                          L'Armée du Duché de Varsovie par Chelminski (LCV)
                                                                                     

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 09:42

Historique du 8 ème :

        numérisation0002Ce régiment est formé en Podolie galicienne, en été 1809, aux frais de Kazimierz Rozwadowski et des habitants de Podolie. A ces origines sous la dénomination de 2ème de lanciers franco-galicien son fondateur en prend le commandement en août 1809.
        Le régiment se trouve au 1er novembre de la même année à Biala et à Sandomierz, ses effectifs sont de 817 hommes et 34 officiers répartis sur 4 escadrons. Ensuite il est affecté à la 2ème division du général Dabrowski de la 5ème brigade sous les ordres du général Kaminski.

        Par ordre de Poniatowski en décembre 1809, il devient le 8ème régiment de cavalerie du duché de Varsovie. En mars 1811 le colonel Rozwadowski quitte son régiment pour laisser la place au prince Radziwill à gauche.
       

           Durant la même année le régiment fait partie de la 3ème division de cavalerie polonaise basé à Lipno.
         Le 1er janvier, il se prépare à la campagne de Russie, il est à Plock avec un effectif de 522 hommes et 26 officiers, il possède 62 chevaux d’officier et 556 pour la troupe. 13 officiers et 193 hommes de troupes sont détachés et sans compter les 14 malades qui sont à l’hôpital, ce qui portent en tout, officier compris à 768 cavaliers. On compte également, 6 officiers et 62 hommes, au dépôt de Posen. Il forme à ce moment là avec le 13ème hussards, la 3ème brigade de la 1er division sous les ordres de Zayoncheck.

        Le 13 juin sous les ordres de son général de brigade, le général Bruyères, il arrive à Marienpol où il reste établi jusqu’à nouvel ordre.
    Dans la matinée du 28, l’Empereur fait son entrée dans la capitale de la Lithuanie, précédé par le 8ème lanciers, un honneur pour le régiment.numérisation0003
    Le 1er juillet, il forme avec le 6ème lanciers polonais, le 2ème hussards prussien, le 6ème d’artillerie à cheval et le 1er bataillon bis du train, la 15ème brigade de cavalerie légère. La campagne de Russie est en route. Et notre régiment se différencie le 25 juillet au combat de Vitebsk.
Eb haut trompette de compagnie d'élite et officier. A doite celui de la ligne en grande tenue.
        Le 26 avec à sa tête, Murat, et au cotés du 6ème lanciers polonais, il pousse une charge vigoureuse sur un ennemi qui s’avance sur la plaine.              
              Le 8ème culbute, seul un premier carré russe et relance une seconde charge sur un autre carré avec l’aide du 6ème qui finiront par disperser. La division Bruyères se distingue une fois de plus à la Moskowa, où il charge les cuirassiers ennemis qu’elle rejette sur le feu l’infanterie polonaise. Le 6ème et le 8ème ainsi que le régiment de hussards prussiens font preuve d’une grande bravoure au combat.

        L’armée française évacue Moscou durant cette retraite de Russie, le colonel Radziwill est nommé major au 1er régiment de chevau-légers lanciers de la Garde. Il est momentanément remplacé par le chef d’escadron Dwernicki, qui lui-même sera remplacé en quelques semaines par le colonel A. Potocki.
         Nous sommes en 1813, le 8ème se replit sur Posen avec un effectif de 8 officiers et 206 hommes.
         Après des combats qui remplit d’éloge notre régiment, il se retrouve à la bataille de Wachau, où là avec le 4ème corps de cavalerie il culbute, une fois de plus une division de cuirassiers russes .
          A Grobern sa propre division est prise sur son flanc par une autre de cavalerie autrichienne, le régiment se replie sur les hauteurs de Wachau.
        Le 19 il repasse le fameux fleuve l’Elster, où Poniatowski trouve la mort, pour se diriger sur Sedan et être dissous comme toutes les troupes du duché de Varsovie.
        Il a alors un effectif de 47 officiers et 347 hommes de troupe ce qui est beaucoup à comparaison à d’autres régiments polonais.
   A gauche un lancier à cheval de la compagnie d'élite et un lancier ordinaire

Son Uniforme :

        numérisation0008Kurtka de drap bleu foncé de coupe polonaise, doublée de même drap : Col droit et de couleur rouge fermé par 3 agrafes, revers bleu foncé, parements des revers rouge et passepoils des parements rouge. Boutons plat de métal jaune portant le numéro du régiment.

Au nombres de 7 par côté des revers, 3 à chaque poche, 2 sur le dos, 2 pour les épaulettes. Gilets blanc.
         Le pantalon est de même couleur que la Kurtka avec deux bandes rouges.

A gauche, Uhlans de la compagnie d'élite, épaulette cuivre à franges rouge.

        La  Czapka "Schapska" est de couleur noir. Chaque angle du carré porte un sabot métallique argenté avec un crochet pour les cordons. Le numéro du régiment sur le devant et en relief le tout  sur la plaque dorée en forme de demi soleil  et au dessus l'aigle polonais. la croix de malte sur la cocarde qui est portée à gauche de la coiffe ainsi que le plumet. Le plumet est noir pour la troupe et blanc pour les officiers supérieur.
          Le manteau de couleur bleu foncé avec col haut et la rotonde retombant jusqu'à la ceinture.
       Armement :
        sabre recourbé à poignée de métal jaune avec fourreau en fer et avec deux bracelets et anneaux en métal. Pistolets en métal jaune.


        En petite tenue :
    Frac de couleur bleu foncé sans revers, avec la doublure de même couleur, boutonné par devant au moyen de 9 boutons. Col fermé par trois agrafes parements en pointe avec passepoil, le tout fermé par 2 petit boutons. Poches en long à trois pointes, les boutons, demi bombés sont en métal jaune.

        En tenue d'exercice et de corvée:

L
a veste est blanche et le bonnet de police de couleur bleu à bande rouge...

         La flamme de la lance:
             A l'origine en haut blanc, en bas rouge et coté hampe de couleur bleu en pointe comme ci-dessous. La hampe est de couleur marron

         












Ci-dessus ; un lancier avec la flamme de la lance en 1809,
le colonel du régiment , le prince Radziwill et à droite un trompette
des compagnies ordinaires.

A droite ; un chef d'escadron, un lancier compagnie d'élite vers 1811-1812 en tenue de route ou campagne avec Schapska recouverte de toile et un autre lancier à cheval avec lance en 1812
.




mes sources:
L'armée du grand duché de varsovie par J.V. CHEMINSKI
L'armée de Napoléon
Magazine Tradition n° 170 page 29

Planches
les 3 premières CP collection privé
les 2 dernières par Domange sur l'Armée de Napoléon

L'officier Le prince Radziwill et le trompette ordinaire de Morawski

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 17:28


        Pour changer, je vais vous raconter non pas la vie d’un officier polonais, ni la description de l’uniforme d’un soldat, et encore moins l’histoire d’un régiment, mais celle d’une polonaise que vous connaissez tous, je veux parler de celle qui fût « l’ange polonais » où encore que l’on surnomma « son épouse polonaise » : la belle et jeune patriote exaltée… Marie Walewska.

Voici l’HISTOIRE de la belle Polonaise à partir de janvier 1807

        Après avoir vaincu les Prussiens, la grande armée fait route sur Varsovie. Napoléon arrête sa berline le 1er janvier 1807 au relais de poste que l’on pense être celui de la ville de Blonie, sous les acclamations de la foule venue voir celui qui porte les espoirs des partisans de l’indépendance de la Pologne. A peine la berline est-elle à l’arrêt qu’il en descend et, devant cette foule immense, une jeune femme, à peine âgée de 21 ans, arrive non sans mal à interpeller l’Empereur, se présente, et lui parle dans un français irréprochable de la reconnaissance de tout un peuple envers son libérateur. Emu non pas par cette déclaration mais par la beauté de la jeune Polonaise, Napoléon lui offre un bouquet de roses qui se trouve accroché à sa portière et ordonne ensuite au cocher de reprendre la route.

         A Varsovie, l’Empereur, encore sous le charme de la rencontre de Blonie, écrit le 2 janvier à cette femme. En voici quelques lignes :
« Je n’ai vu que vous, je n’ai admiré que vous, je ne désire que vous. »
 - Une réponse bien prompte est attendue pour calmer l’impatiente ardeur de Napoléon. -   

                N’ayant pas reçu de réponse écrite, il fait demander la belle inconnue aux réceptions organisées en son honneur.
                Poniatowski remarque immédiatement l’attirance que portait Napoléon à cette femme ou plutôt à la comtesse Walewska, mariée au comte Athanase Walewski par la mère de Marie quelques années plutôt. Marie avait 18 ans ; il en avait 68. Il possède une fortune des plus colossales et appartient à la plus haute aristocratie polonaise. Dans ces temps difficiles cela aide. Le 14 juin 1805, elle donne à son vieil époux un fils, Antoine.
                Ce qui ne gêne en rien les affaires de la Pologne : bien des responsables du Duché aimeraient voir une certaine idylle entre Marie et Napoléon. Cela favoriserait au passage les inclinations de l’Empereur pour une rapide reconstitution de l’unité polonaise, mais c’est sans compter sur la pudeur et la réserve de la jeune et belle polonaise.
                Napoléon lui-même en devient agacé, l’invitant à déjeuner elle et son mari à plusieurs reprises, lui envoyant encore des billets sans équivoque. Mais la comtesse ne cède pas aux avances…
                Devant sa froideur et son refus répété, il informe Poniatowski de son mécontentement et l’affaire Marie Walewska devient une affaire d’état. Tous, les ministres, sa famille, ses amis et même son mari exercent une pression constante. Marie, humiliée d’être traitée comme une marchandise, refuse ce que tous exigent d’elle.

         Le gouvernement polonais trouve alors un stratagème : la nommer ambassadrice extraordinaire du peuple polonais. Elle prend la mesure et la gravité de son rôle et accepte en tant qu’envoyée de son gouvernement de rencontrer l’Empereur.
        Cette jeune et belle ambassadrice multiplie les rencontres dans l’unique but de servir son pays et son peuple.

BELLE ET FERVENTE AMBASSADRICE


        La naïveté et le désintéressement avec lesquels elle défend sa cause plait  beaucoup à Napoléon. Au fil des rencontres, notre belle comtesse qui n’a connu que les caresses de son vieux mari se laisse séduire et finit par succomber aux étreintes passionnées de l' Empereur. Douce, sensible, sincère et en plus soumise, il tombe sous le charme de cette polonaise.
        Toutefois, seul l’amour de sa patrie inspire la belle comtesse et en toutes circonstances elle reste la fervente ambassadrice de son pays face au maître de l’Europe qui, lui, se laisse attendrir.
        Napoléon, habitué à l’élégance et à la grande débauche de Joséphine, finit par lui reprocher son manque certain de coquetterie : ses toilettes sont simples et monochromes et lorsqu’il lui en fait la remarque, elle lui rétorque :
- Une Polonaise se doit de porter le deuil de sa patrie. Quand vous la ressusciterez, sire, je ne quitterai plus le rose…

 LIAISON AMOUREUSE


        Durant les trois semaines passées ensemble, les relations entre les deux amants changent. Marie s’est laissée émouvoir par le cœur du grand homme, elle éprouve enfin un amour certain qu’elle ne cache plus. Lui est ravi et conquis, il commence même à l’appeler « son épouse ». Fini le temps des rendez-vous discrets et hâtifs.
        Le 29 janvier, Napoléon quitte Varsovie pour livrer bataille à Eylau. Vers le mois de février, « l’ange polonais » demande à rejoindre son nouvel amour à Finkenstein en Prusse. Il la reçoit et ils vont passer ensemble trois mois. Trois mois idylliques, trois mois d’une intimité sans égale pendant lesquels l’Empereur, devant tant de générosité et d’abnégation partage avec elle des conversations d’ordre politique. Elle est très certainement la seule femme avec qui Napoléon a accepté de le faire. Dans les rencontres amoureuses, Marie n’oublie pas sa Pologne et assure son rôle d’ambassadrice en lui demandant de promettre de ne pas oublier sa chère patrie.
        Napoléon a rarement été aussi heureux que durant ces trois mois. Ils sont toujours ensemble. Ainsi, le couple prend son repas seul, leur conversation toujours aimable ; vive et empressée de la part de Napoléon ; tendre, passionnée et mélancolique de la part de Marie.
     Un fait rare : elle a même son appartement qui communique avec le sien. Elle ne quitte plus le quartier général, laissant à Varsovie son époux, blessé dans son honneur et dans ses affections.

        La guerre revient au galop, les amants se séparent, Marie Walewska n’aura plus jamais l’occasion de côtoyer l’Empereur aussi longtemps et aussi librement que durant ces quelques mois passés.

        Le 14 juin la Grande Armée écrase les Russes à Friedland et le 22 juillet, conformément à la promesse faite à sa maîtresse, il crée le Duché de Varsovie. Au lendemain de Wagram, en 1809, Marie habillée de rose séjourne à Schönbrunn auprès de lui et ne tarde pas à lui annoncer un événement heureux.
        Napoléon est fou de joie devant la preuve indéniable qu’il peut procréer. Cela marque la fin du règne de Joséphine. L’idée d’épouser sa belle comtesse lui traverse l’esprit mais, vite rattrapé par la raison d’état, il épousera l’Autrichienne Marie Louise en 1810. Avant de quitter cette demeure, pressentant que rien ne serait plus comme avant, Marie remet à Napoléon une bague avec une boucle de ses cheveux et une inscription :
- Quand tu cesseras de m’aimer, n’oublie pas que je t’aime.

    Le 10 mai 1810, elle accouche, chez son époux d’un garçon Alexandre Florian Joseph Colonna Walewski, qui a l’élégance de le reconnaître. Quelques mois plus tard, elle s’installe à Paris avec son fils Alexandre.
      L’Empereur le sait et leur rend des visites discrètes mais régulières. Il décide avant la campagne de Russie de faire une dote colossale à Marie et Alexandre : une somme de 170 000 Francs ainsi qu’un majorat situé dans le royaume de Naples. Il nomme Alexandre comte. Plus tard en 1814, Napoléon offre un autre majorat sur les canaux et fait acheter pour son fils un hôtel, rue de la Victoire.

 RESIGNATION


         En 1814, après la première abdication, Napoléon tente de se suicider pour échapper à l’exil. Elle se précipite à son chevet en maîtresse dévouée, et attend discrètement dans une pièce voisine toute une nuit et au petit matin le sachant en vie elle repart sans avoir pu le voir. Entretemps, son mari le comte Athanase meurt à Rome. La comtesse libérée est déterminée à reconquérir sa place « d’épouse polonaise » auprès de Napoléon, fait courir le bruit que Murat remet en cause le majorat de Naples constitué par l’Empereur en 1812 pour le compte de son fils Alexandre et demande la permission de se rendre sur l’île d’Elbe. Permission qui lui est accordée et elle accoste à Porto FerraIo en 1814.
      Napoléon ne cache pas sa joie de retrouver son épouse polonaise. Sur cette île, il fait de longues promenades en compagnie de Marie et Alexandre ce qui ravisse à nouveau le cœur de Bonaparte,
les discussions égayent son esprit, la joie de pouvoir enfin parler à son fils qui l’appelle « papa empereur » le transporte d’allégresse.
     Marie se prend à espérer qu’elle pourra enfin consacrer le reste de sa vie auprès de celui qu’elle aime.

        Mais Napoléon ne pense pas à ce destin et organise son retour en France ; la présence de sa polonaise, qui fait déjà désordre sur l’île, pourrait compromettre son projet dont celui de réclamer sa femme légitime et le roi de Rome. Sa décision est prise, elle doit retourner en Italie, seulement trois jours après son arrivée ! Marie rembarque avec son fils et comprend à ce moment-là qu’elle ne sera toujours qu’une femme docile, tendre et aimante mais jamais son épouse officielle.
     Et pourtant, lors de la seconde abdication, « l’ange polonais » où encore « son épouse polonaise » est parmi les derniers fidèles à voir Napoléon quitter l’Élysée pour Saint Héléne.

LA FIN DE LA  BELLE

        En 1816, elle épouse d’Ornano, cousin des Bonaparte et lui donne un fils en juin 1817. Mal remise de son accouchement, elle décède à Paris, 48 rue Chantereine (ancienne et future rue de la Victoire) entourée de son mari et de ses trois fils, Antoine, Alexandre et Rodolphe Auguste. Son coeur repose au cimetière du père Lachaise et son corps en Pologne
                                                    Née en 1786, elle avait trente et un an.

  " Une femme charmante, un ange !
    c'est bien d'elle qu'on peut dire que son âme est aussi belle que sa figure"

    (Napoléon, à Saint Hélène, évoquant Marie Walewska)



Mes sources:
magazine :"Napoléon1er"  Marie walewska de Andrzey Nieuwazny
Atlas  "Napoléon et les femmes"
Wikipédia
Marie Walewska de Octave Aubry

Les planches :
1er tableau de R.Lefèvre, musée Napoléon d'Avenberg
2ème collection félix Philippoteaux
3ème inconnu
4ème Isabey
5ème tableau de Gérard, chateau de Versaille

Et la collaboration de Patrick.Fontanel
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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 17:19

                                   Dès la pointe du jour, dit Ostrowski, Napoléon fit appeler le prince Poniatowski dont le corps d'armée était déjà passé sur l'autre rive de l'Elster.       
-Prince, lui dit-il, vous défendrez le faubourg du sud
-Sire, répondit le prince, j'ai trop peu de monde
-Combien reste-t-il de Polonais avec vous?
-Mon escorte habituelle, 800 hommes
- Eh bien, avec cela vous défendrez le faubourg du sud et couvrirez la retraite de l' armée avec le duc de Tarente....avec 800 polonais cela vaut bien 8000 autres soldats.
-Puisque c'est nécessaire reprit le prince, votre majesté peut avoir confiance en nous, dussions-nous tous périr jusqu'au dernier.

                    "Ce furent les dernières paroles que le prince adressa à l'Empereur"

        Voici en quels termes, Ostrowski, qui se trouvait près du prince Poniatowski, raconte sa mort .
            Les alliés, convaincus que cette bataille serait décisive, attaquèrent de tous les cotés à la fois, les Russes envahirent le faubourg de Halle. Quand cette nouvelle arriva au coeur de la ville, ce fut une grande panique générale.
    Tous les habitants voulurent s'enfuir, les bourgeois emmenant leurs enfants et emportant leurs biens, les malades abandonnant les hôpitaux et tout ce petit monde se retrouvant devant la porte de Ranstadt. Cette foule porta le désordre dans les rangs des troupes en retraite.
            Le prince Poniatowski ainsi que le maréchal Macdonald et le général Lauriston, se trouvaient en dehors de la porte Saint-Pierre dans le faubourg sud de la ville. Notre Prince recevant les coups de buttoir de l'armée Autrichienne, n'avait plus d'infanterie, il se défendait comme un lion, il chargea avec une petite troupe composée de ses aides de camp, de quelques officiers supérieurs, des krakus et du 14ème régiment de cuirassiers, en tout pas plus de 800 hommes.
              Blessé déjà deux fois le 14 et 16 octobre, il se battait comme un simple soldat, comme en 1809 à Raszyn, et c'est lors d'une de ces charges qu'il reçut sa troisième blessure : une balle l'atteignit au bras gauche.

            Vers une heure de l'après midi, Leipzig était déjà occupée par les troupes ennemies, c'est alors que le maréchal Macdonald après une dernière charge  réussit à refouler les Prussiens, fit demi-tour, passa comme une flèche devant le prince, traversa la Pleisse à la nage et disparut.
            Poniatowski, promu maréchal de France 3 jours avant, par l' Empereur, décida alors la retraite pour éviter à la poignée d'hommes qui lui restait les rigueurs de la captivité. Il s'arrêta un instant sur le bord de la Pleisse,  comme il l'avait juré la veille devant Napoléon, soit à se sacrifier où passer de l'autre cotés de la rivière, il hésita.
   
 Première dangereuse tentative   
    A ses côtés le général Bronikowski, s'approcha de lui et le supplia de passer la Pleisse sans aucun retard, notre prince céda aux instances du général et se jeta à l'eau. Mais l'Ester, comme la Pleisse, était gonflée par une crue et un courant violent.
   Le prince blessé au bras ne pouvait maintenir son cheval, il tomba à l'eau, et grâce à la rapidité du Capitaine Bléchamps, qui était un excellent nageur, le prince pût être ramené en vie sur la rive opposée.
                       Poniatowski partit à pied avec les quelques survivants de sa troupe. Repoussant toutes les attaques, ils marchaient vers le pont de Lindeneau sans savoir qu'il n'existait plus. L'infanterie ennemie les suivait baïonnette au canon, tirant sur eux, il y avait là les Russes, la landwehr, les cosaques, ils se frayaient un passage en massacrant tout se qui se trouvait sur le chemin.
"Nous pensions vraiment notre dernière heure arrivée."
             Notre maréchal voulant mettre un instant ses hommes à l'abri dans le jardin de Reichel déjà jonché de cadavres fut rejoints par le colonel Dobrzanski avec trois canons.
             Durant cette ultime résistance il fut contusionné par un projectile qui le fit tomber sans connaissance dans les bras d'un de ses aides de camp. Enfin quand il revient à lui, on le pansa et on le hissa difficilement sur un cheval se tenant tant bien que mal sur sa monture.
            Tout ses aides de camp le suppliaient de rester et de se faire mieux soigner, en réalité c'est-à-dire de se laisser faire prisonnier.

- Non, répondit-il d'une voix faible et il ajouta ces mots devenus célèbres
-Dieu m'a confié l'honneur des Polonais, je ne le rendrai qu'a Dieu....

              A ce moment, survint un officier qu'il lui apprit la destruction du seul pont de passage, le pont de Lindenau sur l'Elster,  par suite d'un malentendu il sauta, laissant en arrière à Leipzig plus de 20 000 Français et Polonais.
             Cet officier connaissait un point de passage facilement franchissable à gué. Tout le monde le suivit vers le bord de l'Elster : à peine avait-on fait une quinzaine de pas sur la rive que le prince s'écria :

 -"voilà ! ce sont eux !".... en montrant un détachement ennemi qui lui barrait la route.
       Seconde tentative
         Il fit aussitôt tourner bride à son cheval et entra dans la rivière,  affaibli par toutes ses blessures et surtout par la dernière, il laissa flotter les rênes, sous une pluie de balles le cheval atteignit l'autre rive, mais comme la berge était presque à pic, et la pluie du matin aidant à la glissade, la monture n'y put prendre pied, et notre prince tomba à l'eau, désarçonné il fut emporté par le courant, ayant probablement perdu connaissance à ce moment là, très affaibli par sa dernière blessure
qui est la cinquième depuis le commencement de la bataille.
        C'est alors que le capitaine Bléchamps pour la seconde fois se jette à l'eau pour essayer de le sauver, on le vit réapparaître plus d'une fois à la surface avec le prince qu'il tenait à la taille, puis hélas tout deux s'enfoncèrent et on ne les revit plus.......

  Le "Bayard Polonais" venait de mourir

 
                                        Trois jours après cette scène dramatique, des pêcheurs retirèrent avec leurs crocs, les deux victimes de ce funeste accident :

-Ah ! Voilà un général français, dirent quelques- uns entre eux.

-Ce n'est pas un général français, répondit mon domestique qui se trouvait là
-C'est notre chef bien-aimé, c'est le prince Poniatowski.


    "La nouvelle se répandit dans toute la ville, tout le monde accourut, le colonel Kicki, moi, et les autres polonais. Le corps du prince avait été porté dans une pauvre maisonnette au bord de la rivière. Il n'était pas décomposé, sa figure calme était aussi belle que pendant la vie, il avait perdu seulement sa perruque"

        Le prince Schwarzenberg, ancien camarade du prince, le fit enterrer avec les honneurs militaires dans le jardin de Reichel. C'est là que neuf mois plus tard, les troupes polonaises, en rentrant dans leur patrie, reprirent le corps de leur chef pour le ramener à Varsovie....puis bien plus tard à Cracovie.



mes sources pour ce paragraphe
texte de J.V CHELMINSKI l'armé du duché de Varsovie
texte de J.Garnier sur Napoleon 1er n°4

mes planches :
Osprey par Delprado "soldats des guerres Napoléoniennes" P. Courcelle
Poniatowski par J.Kossack
Tableau de la fin de Poniatowski par Horande Vernet
Tableau inconnu ???

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 17:46

                      Les Ulans ( ulanow) polonais, (en polonais ulan s'écrit sans le h et utilise une lettre particulière de son alphabet le"I barré" qui correspond au "w" chez nous), sont une évolution logique de ces cavaliers armée de la lance. Ils sont guères que les descendants des célèbres Hussards ailés du 16 et 17ème siècles.

                 Sous l'empire, l 'improvisation rapide pour créer une nouvelle armée, suivie de  l'individualisation des officiers, la provenance des hommes qui composent cette armée et les ressources du pays, qui sont le nerf de la guerre, bref un amalgame de choses diverses qui concourt à une observation variée pour ce qui est de la tenue que portaient telles où telles unités de cavalerie à une date précise, 1807--1815, ce qui rend la recherche plus difficile.
                Plusieurs témoignages convergent vers un fait indéniable c'est qu'il existe une grande part de différence entre le règlement de 1810 pour ce qui est de la tenue des uniformes et celle réellement portée.
                                                                                                                         Schapska de uhlan
A savoir : Les régiments polonais de cavalerie sont numérotés « à la suite » et non pas par arme :
                                                                                                                           
LE DEBUT DES ULANS :

                      Le maréchal Davout alors commandant en chef de toutes les troupes du duché de Varsovie passe en revue le 16 août 1807, les trois anciennes légions polonaises qui sont alors changées en divisions.
            Chaque division (légion) comprenait  4 régiments d'infanterie et 2 de cavalerie (1 de lanciers et 1 de chasseurs)
il fut donc créer  3 régiments de Ulans :
Placé par ordre dans les régiments de cavalerie polonaise
 le 2éme sous les ordres du Colonel             TYSZKIEWICZ
le 3éme sous les ordres du Colonel               LONCZYNSKI
et le 6éme sous les ordres du Colonel           DZIEWANOWSKI

Pour la campagne de 1809 nos trois régiments de ulans sont basés :
pour le 2ème à Varsovie qui d'ailleurs sera le seul régiment de uhlans à avoir participé à cet engagement
pour le 3ème il se trouve à la frontière de Silésie
et le 6ème à la frontière de la Vistule et de la Netze.

       Suite à l'annexion de la Galicie au duché.  Poniatowski reprend l'initiative et va recruter 10 régiments de cavalerie dont le 8e, 11e, 12e, 15e et 16e ulans en Galicie et sur le duché même le 7e et 9e ce qui va porter au nombre de 10 régiments de ulans fin 1809 début 1810 :

Ce qui nous donne en 1810 :
                                                          2e ulans sous les ordres de      PAC                     
      le 8e avec son trompette                     3e ulans sous celui de                RADZIMINSKI
6e ulans sous les ordres de        PONGOWSKI
7e ulans sous les ordres de        ZAWADZKI
8e ulans sous celui de                Prince RADZIWILL
9e ulans sous les ordres de        PRZYSZYCHOWSKI
11e ulans sous celui de              Comte POTOCKI
12e ulans sous celui de               RZYSZCZEWSKI
15e ulans sous les ordres de       TRZECIECKI
16e ulans sous celui de               Comte TARNOWSKI


 Au début de la terrible campagne de Russie, la Grande Armée libère la Lituanie. Le sentiment patriotique y est assez fort pour que l'on recrute 5 nouveaux régiments de cavalerie tous des ulans soit le 17e, 18e, 19e, 20e et 21e.

17e sous les ordres du colonel          TYSKIEWICZ
18e sous les ordres du colonel          WAWRZECKI
19e sous celui de                                 RAJECKI
20e sous les ordres du colonel          OBUCHOWICZ
21e sous les ordres de                         ?????????
 
             Tous ces régiments  sont formés à 4 escadrons de 2 compagnies et d'un état-major qui vont participer à la campagne de Russie, campagne qui verra bon nombres de polonais disparaître et les régiments de ulans fondre comme neige au soleil. Suite a cette malheureuse campagne les régiments de ulans sont formés comme suit :
Le 3e ulans sera reformés avec les reste du 11e, le 6e avec celui du 16e le 8e avec le 12e et pour finir le 16e avec les débris du 20e. le 2e ulans, restant avec ce qui lui reste de cavaliers, sont sous les ordres de DABROWSKI.
ils formeront les régiments suivant : 2e, 3e, 6e, 8e et 16e lanciers

             A la fin novembre 1813 toute cette cavalerie est rassemblée à Sedan reste environ 2000 cavaliers la plupart démontés. C'est alors que Napoléon décide le 3 décembre 1813 une réorganisation  avec les débris, de 2 régiments de lanciers.
le 1er sous les ordres du colonel      KURNATOWSKI
et le 2e sous celui de                       SIEMONTKOWSKI


                    Les deux régiments sont formés par le général Comte de Flahaut. Les 15 décembre 1814 un décret définit l'uniforme de ses deux régiments, il devra être le même, quand à la coupe, que celui des lanciers polonais de la ligne, coupe conforme dans les confections prescrite par le décret de 1812.                    
                   En 1814 le général PAC prends le commandement des  deux régiments ainsi que celui des éclaireurs (non polonais) pour formée une brigade attachée à la Garde.

 L'ensemble de tous les polonais, sauf ceux de la Garde, quitteront la France le 1er mai 1814.



UNIFORMES :
           En grande tenue la Kurtka de drap bleu foncé de coupe polonaise, doublée de même drap ; col droit avec 3 agrafes, revers, parements carrés, la kurtka fermée de bas en haut par des agrafes. Poche en long. Passepoils autour des revers, parements, poches, et sur les coutures postérieures des manches du dos. Manteau à manches de couleur bleu foncé avec un col haut et la rotonde retombant jusqu'a la ceinture.
              Boutons plats en métal jaune avec le numéro du régiment aux nombres de 7 de chaque coté des revers, 3 à chaque poche, 2 sur le dos, 2 pour les épaulettes. Gilets blanc. Giberne coffret cuivre.
Le pantalon en drap bleu foncé porté par dessus les bottes, avec double bandes de1/2 pouce chacune.
              La Czapka "schapska" traditionnelle soit de couleur bleu foncé ou encore noir, la plaque dorée avec le numéro du régiment en relief au dessus de cette plaque l'aigle polonais de couleur argenté, cocarde nationale avec crois de Malte dessus le tout portés à gauche de la coiffe, plumet noir pour la troupe et banche pour les officiers supérieurs.

               Pour les deux régiments de lanciers après 1813 l'uniforme est le suivant :  
Le fond de l'habit sera bleu la couleur distinctive du 1er sera écarlate et celle du 2e cramoisi.

      Ci-contre le 2e régiment après 1813, notez la flamme au couleur bleu et blanche.







      A gauche une planche toute symbolique venant de Gembarzewski, père de l' uniformologie polonaise.

  Les ulans de 1810 à 1813

            Par ordre de numérotation des régiments de ulans en commençant en haut à gauche par le 2e, 3, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 15, 16, 17, 18, 19, 20 et 21.
              Notez le 20e avec son uniforme vert et la particularité de sa plaque de Schapska en demi soleil et celui du 21e le revers orange.
la plupart des Schapskas sont de couleur bleu foncé. Le colback ou le shako au centre décalé sont ceux des Cie d'élites. le colback est fait en principe de fourrure d'ours.
  

Notes
A propos de la tenue du 19éme uhlans. Une erreur qui semble venir du début du 20éme siècle, attribue au 19é, la distinctive jaune. Et malgré cela, ont trouve une peinture anonyme qui date de 1812, représentant l 'officier Medeksa avec la distinctive rose. De plus pour appuyer cette dernière découverte, le musée de Vilna posséde une Kurtka avec distinctive rose.
L'erreur semble provenir d'un dessin d' un célèbre peintre militaire polonais. Evidement des contre-verses existent sur cette distinctive.  Quoi qu'il en soit toutes représentations du 19éme régiment avec distinctive jaune seraient fausse. Pour ma part je n'en suis pas si sur.


LES TROMPETTES :


La kurtka de couleur blanche, collet et plastron de couleur régimentaire, pantalon bleu foncé. Plumet et gordon rouge sur une Schapska de couleur blanche.
Les trompettes des compagnies d'élite possèdent le colback blanc avec flamme rouge retombant sur le coté gauche, plumet rouge.

  EQUIPAGE DE CHEVAL ET ARMEMENT :
          Selle à la hongroise, avec palette de troussequin bordée de métal jaune. Schabraque de drap bleu foncé, avec siège d'astrakan noir. Portemanteau rond de drap bleu foncé portant le numéro du régiment.
          Harnachement de cuir noir, avec toutes les pièces métalliques jaunes. Mors, poitrail, croupière  jaune. Portemanteau rond portant le numéro du régiment.
          Le sabre, en principe du modèle français An XI , recourbé à poignée de métal jaune avec fourreau en fer, pistolets garnis de métal jaune. La lance d'environ 2,873m.
        Pour ce qui est des flammes la couleur est variable suivant les régiments, ainsi le 7e semble avoir eu des flammes de couleur jaune, bleu et rouge en bandes horizontales et égales de haut en bas. La hampe a aussi était parfois décorée de stries bleu et blanc.
        Enfin pour des raisons, économiques, les ulans utilisées aussi des armes de prise : Autrichiennes et Prussiennes.




                                                         


 



numérisation0003









                    
 

Pour finir ce paragraphe je vous laisse méditer et apprécier cette définition.
Le mot uhlan vient du tartare « Oglan » qui signifie « brave guerrier ».
Un brave du 6e Régiment


mise à jour le 26 /6/10
Les sources pour ce paragraphe :
le livre de J.V CHELMINSKI ET A. MALIBRAN "l'armée du duché de Varsovie"
le livre de CHARMY " splendeur des uniformes de Napoleon---- infanterie et régiment étrangers"
le livre de NAFZIGER "poles and saxons of the Napoleonic wars"
les magazines de tradition n° 169 page 39 texte  de Y. MARTIN...... n° 104 page 5 texte de A. PIGEARD
et une recherche sur le net sur le site en anglais de "polish army during the Napoleonic"
Les planches :
3 cartes postales ???
Planche 173 du livre L'armée de Napoléon, uniforme du 1er empire de 1797-1815
Planches d'uniformes du livre " zolniers polski 1797 1814" de GEMBARZEWSKI
le brave du 6e domaine public
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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 10:19



CHLOPICKI JOSEPH (jozef)

Né en 1768 à Vienica dans l' Ukraine, mort à Cracovie en 1854
              Engagé dans l'armée polonaise en 1787, lieutenant en 1792, il fait les campagnes de 1792 et 1794 comme capitaine.
En 1797, il entre dans la légion polonaise et y est nommé chef de bataillon en 1801.
              Colonel de la 1éme légion de la Vistule en 1807, chef de la légion en 1808 puis général de brigade en 1809.
Il se distingue en Espagne et tout spécialement au siège de Saragosse ou ses soldats trouvent en lui un père.
               En 1812 il commande la 1er brigade de la division Claparède, et il est blessé à Mozaîsk. Mal guéri il démissionne en 1813. il est fait baron de l'Empire.

             Général de division dans l'armée du royaume de Pologne en 1815, il démissionne une seconde fois en 1818. lors de l'insurrection de 1830-31, il commande en chef l'armé insurrectionnelle à Grochow,où 7 000 polonais sont tué et lui est blessé, il se retirera à Cracovie sans être inquiété.













jozef CHLOPICKI



STANISLAS POTOCKI

Né en 1782 et mort à Varsovie en 1830
                Colonel du 2éme régiment d'infanterie du duché de Varsovie de 1807 à 1811 il est à ce moment nommé général de brigade. Ses soldats le nomment familièrement Stas.
                 En 1812, attaché d'abord à la personne du roi de Westphalie, il remplace bientôt au commandement de la 2éme brigade de la 18éme division du 5éme Corps le général Grabowski, tué il assiste à la bataille de la Moskowa, au combat de Winkowo et à la Bérézina où sa brigade est réduite à 300 hommes.
                Il ne prend pas part à la campagne de 1813.
Il fut plus tard général  de division de l'armée du royaume polonais.

Sous l' empire il y eu deux Potocki, a ne pas confondre se portrait avec Wladimir Potocki.


 









 


                                                          Stanislas POTOCKI




   KRASINSKI WINCENTY

Né en 1782 mort en 1858.
         Il entre très jeune dans la cavalerie nationale polonaise et devient rapidement lieutenant. Il est colonel du régiment de cavalerie formé par Dombrowski vers les années 1797. Il devient aussi un défenseur inconditionnel de Napoléon et quand l'armée de Bonaparte envahie la pologne prussienne, il créer a ses propres frais un escadron.
            Il participe a la campagne de 1807 1814. Il est nommé commandant du 1er régiment de chevau-légers de la Garde. Il s'illustre à Somosierra. En 1811 il devient général de brigade et chambellan de l'Empereur en 1813 général de division.
            Il combat à Dresde, Leipzig et à Hanau, participe à la campagne de France. Et c'est lui qui raméne les survivants de l'armée polonaise dans leur patrie après la chute de Napoléon. Il devient, ensuite, commandant de Varsovie.
Il est décoré de l 'Ordre de la vertu militaire polonaise et de la l' ordre de la Légion d' Honneur.


PAKOSZ CZESLAW

             Né en 1776 mort sur le champ de bataille en 1812. Il prend le commandement d'une brigade d'infanterie en 1812 en remplacement du général Piotrowski.
             Général aimait de ces hommes , il combat à Mohilow et a son cheval tué sous lui on le retrouve à Minsk. Malheureusement il est blessé à cette bataille et quitte son commandement. Il mourra des suites de cette blessure.
 













Mes sources
L'armée du grand duché de Varsovie parJ. Chelminski
Napoléon et les troupes polonaises 1797 1815 de chez tradition n° 8 HS
portrait
sur le net google

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