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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 08:10

              Suite et fin de l'infanterie de la légion de la Vistule   

 

                    Napoléon se prépare à faire la guerre avec la Russie. Pour cela il lui faut des régiments expérimentés. Il fait donc revenir d’Espagne avec beaucoup d’autres régiments de ligne française et autre, les  régiments d’infanteries de la Vistule, enfin ce qu’il en reste et les dirige vers leur dépôt (Sedan), pour une petite remise en forme vestimentaire.

                 vistule-polonaos-copy1.JPG        Après quelques semaines, ils seront envoyés vers la « seconde guerre polonaise » c’est ainsi que l’Empereur avait appelé la campagne de Russie dans son ordre du jour du 22 juin 1812. Il est prévu par un décret de 1812 que chaque régiment aura à sa suite une compagnie d'artillerie, cette compagnie devra servir deux pièces de canon.

      --Napoléon donne l’ordre à Bessières (mars 1812) de former à partir des  régiments d’infanterie de la Vistule, une division qui sera rattachée à la Jeune Garde, cette nouvelle division forte de 3 régiments portera le nom de « Légion du Grand Duché de Varsovie ».

                         Cette affectation auprès de la Garde n’apporte ni le rang, ni numéro ni une solde plus élevées et aucune revalorisation des officiers polonais. De plus cette Légion, forte de 3890 hommes, sera ballotée entre différents commandements, pour être enfin, non sans une certaine déception de la part de la troupe, placée sous les ordres du général Michel Claparède à la place de Chlopiki, que l’Empereur avait pris en grippe.

                        Pour les hommes de la Vistule, Chlopiki restera le commandant ayant la plus grande autorité sur cette Légion. Sa révocation provoqua chez les polonais une indignation générale, suivie d’une inquiétude grandissante pour leur avenir, eux qui ne souhaitaient qu’une chose depuis la création de leur Légion, défendre leur pays sur le sol natal.

    

                    Cette Légion appelée aussi « Division de la Vistule » traversa le Niémen en Vistule-grenadiers.JPGcompagnie de la Jeune Garde Impériale, pour être ensuite attachée au 1er corps du Maréchal Davout.  La Légion du Grand Duché de Varsovie ou "Division de la Vistule" ne fut que peu engagée durant la première moitié de cette campagne. Elle entra néanmoins en compagnie de la Garde, le 14 septembre dans Moscou.

                                                                                           A droite un Grenadier vers 1812

                         Commence alors la seconde moitié de cette campagne, la dite « retraite de Russie » qui provoquera de lourdes pertes humaines et un fiasco militaire. Durant la retraite de la campagne de Russie, nos hommes de la Légion vont être de tous les combats.                                    A la bataille de Stakhov, juste après le passage de la Bérézina, elle remporta un combat désespéré contre les troupes de l’amiral Tchitchagov qui coûta la vie a plus de la moitié de la division. A ce combat on perdit Kasinowski, le général Claparède et les chefs de bataillon Mieroslawski, Regulski, Bielinski furent blessés. Le colonel Malczewski, alors colonel d’un régiment, prend le commandement de la légion avant d’être à son tour blessé.

              Durant cette pénible retraite, qui n’en finit pas, le Maréchal Ney est chargé de tenir le plus longtemps possible en arrière-garde avec en autre la « Légion du Grand Duché de Varsovie » dont l’effectif ne dépasse guère les 300 hommes. Malgré Les pertes une fois de plus effroyables, nos Polonais conservent leurs combativités et leur opiniâtreté pour être encore de tous les combats, ceux de Kowno, Vilna et réussissent enfin à repasser le Niémen.     

        On réussit tant bien que mal à regrouper à Poznan, tout ce qu’il reste de cette « Légion », pour former 3 bataillons de 150 hommes chacun. Les débris des 4ème, 7ème et 9ème régiments Polonais leur permirent de réétoffer leurs rangs. L’ensemble passa sous les ordres du général Girard, nous sommes en janvier 1813.                                                                                 

         Diminués, exténués, les restes de la division du Grand Duché de Varsovie, furent rassemblés en un seul régiment composé de deux bataillons et prirent le nom de « Régiment de la Vistule » Nous sommes en juin 1813.

        vistule-en-capote.JPGA la bataille de Leipzig (octobre 1813) le régiment composé 1400 hommes se couvre, une fois encore, de gloire en étant à l’avant-garde mais fut une fois de plus, il est presque complètement détruit. Les survivants sont regroupés au dépôt de Sedan, en janvier 1814, et amalgamés aux restes de différents régiments polonais, on les dirige sur Compiègne pour la campagne de France

        Les derniers faits d’armes des légionnaires de la Vistule regroupés sous le dénominatif de « régiment de la Vistule » vont une fois de plus marquer l’histoire de cette campagne de France.

                              On les retrouve début mars 1814 à Soissons où un parti de quelques centaines d’hommes sous l’impulsion de Kozinski s’interposent et repoussent à plusieurs reprises le corps de Blücher avec l’aide, de vieux canonniers de la vieille garde, de quelques éclaireurs de la jeune garde, et de la milice locale. Mais c’est sans compter sur le général Moreau alors commandant de la place qui désire capituler.

Le colonel Kozinski demande à lutter jusqu’au dernier soupir :

        « Mes soldats sont des braves, s’écrie-t-il, je garantis qu’un seul aura raison de quatre ennemis ». En quittant la ville, rendue à l'ennemi prussien, ses soldats mordaient leurs fusils de fureur.

                                Le 20 mars notre régiment se trouve  à Arcis-sur-Aube, ou Napoléon trouva refuge dans le carré des légionnaires qui vont demeurer inébranlables devant les charges de la cavalerie ennemie, en particulier les cosaques.

arcy-sur-aube.jpg                                                                     La légion à Arcy-sur-Aube

 

   FIN DE L'AVENTURE IMPERIALE DE NOS LEGIONNAIRES

          200px-Legia_Nadwi-la-ska.jpg       L’histoire de ces hommes d'infanteries  de la Vistule s’arrête le jour de la 1ère abdication de l’Empereur, ils sont près de Paris.

               Justement dans cet acte d’abdication et à l’article 19, on stipule que l'ensemble des soldats des troupes polonaises restant au service de la France, auraient la liberté du retour au domicile, tout en gardant armes et bagages. La chose fut bien entendu acquise et certains, sous l’impulsion du général Krasinski, rentrèrent chez eux sous le regard bienveillant du star Alexandre, qui avec un sourire sarcastique ne promettait pas grand avenir à ces hommes de retour dans leur foyer. Mais un grand nombre d’officiers et de soldats polonais, tous régiments confondus restèrent en France.

 

        Durant les cent jours, pour le dernier Vol de l’Aigle, une délégation d’officiers de tous les régiments d’infanterie polonaise, remit au commandant du dépôt en l’occurrence celui de Reims, une déclaration de la volonté de reprendre du service dans l’armée française.                 

             On donna aussitôt, l’ordre de former un bataillon polonais de 6 compagnies de 75 hommes chacune. Ce bataillon fut dirigé vers Soissons. Finalement par manque de temps et de soldats, il ne put être transformé en régiment et de ce fait, il n’a pu être appelé au service et ne participera pas à la bataille de Waterloo, qui mit fin définitivement à la grande épopée Napoléonienne.

 

   L’UNIFORME DE LA LEGION

       Il n’est pas simple de démontrer ce que put être la réelle tenue des légionnaires durant la fin de la campagne de Russie. Des textes ou encore des mémoires de ceux qui ont vécu cette période difficile, prouvent que la tenue des régiments changeait au fil des caprices du ravitaillement.     

         grenade25     Par exemple d’après le comte Tyszkiewicz alors colonel du 17e régiment de lancier, il décrit la tenue de ces quelques légionnaires portant un large pantalon en drap jaune avec sur la tête des casques à la bavaroise.   

 

         Mais la tenue officielle d’un légionnaire reste la même qu’à ses débuts, vistule aaexcepté que les grenadiers reçurent le schapska à la place du shako français et cela dès le début de la seconde guerre polonaise. Il faut noter que les grenadiers pouvaient porter, soit des épaulettes blanches ou rouges. Une petite précision, les boutons sont blancs en métal blanc.                                                                                            A gauche un grenadier 1812 et celui de droite un fusilier 1812


   

                                                                                                                             

                                        

schap3       Durant la toute fin de l’Empire, il n’est pas impossible que veste vistulel’ensemble des légionnaires portèrent durant la campagne de France, pour la dernière fois leur coiffe si typique et reconnaissable qu’est le schapska. La plaque de schapska pouvait être de différents modèles, voir la planche ci-dessous,  à droite la kurtka d'un fusilier.  

   shap125                    

 

                                                                                                              

                        

      TENUE DES OFFICIERS SUPERIEUR

Ces trois planches sont issues du livres " Wojsko Polskie--Legia Nadwislanska" dessins de Morawski.

de gauche à droite ;

 Colonel d'infanterie Kasinowski en 1808......

 Général de brigade Chlopicki

 Général de brigade Bronikowski

numerisation0009.jpg numérisation0008  numérisation0010    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     LES MUSICIENS ET TAMBOURS DE LA LEGION DE LA VISTULE 1810/1812

           Cymballier.JPG       Les quatre régiments d’infanterie reçoivent, comme nous l’avons vu précédemment, l’ordre de rentrer en France. Quatre années de malheur, d’atrocité dans cette guerre d’Espagne. Revenus à leur dépôt de Sedan nos guerriers reçoivent des habits flambants neuf contre leurs uniformes usés jusqu'à la corde. Comme nous le savons cette toute nouvelle légion surnommée à présent « Légion du Grand Duché de Varsovie » va accompagner la jeune Garde et a ce juste titre l’on soigne particulièrement sa tête de colonne. Cette toute nouvelle troupe, aux habits rayonnants, va avec ces musiciens rejoindre l’Empereur à Glogau pour participer à la campagne de Russie.

 Cymbalier 1812

                          Personnages à part dans les unités, le rôle des musiciens reste serpentnéanmoins important et leur prestige ne fait qu’augmenter, même si ce sont toujours, pour les combattants, des « loin des balles ». La «clique », surnom donnait au groupe de musicien de différents régiments, joue de leurs instruments, lors des déplacements de la troupe ou mieux encore dans les villes, à l’occasion de grand bal organisé par les généraux, et cela pour le plus grand plaisir des habitants.

                                                                                                     Le serpent 1812

musique-vistule-copie-1.JPG

              Retournons auprès de nos hommes de la Vistule. Les effectifs de la « clique » regroupent 18 exécutants qui marchent en tête de colonne avec les sapeurs.             

     Grosse caisse/ Caisse clair/ Cor       

            Cette ensemble qui est représentative de la légion, compte en plus les tambours des régiments soit ; 24 tambours de fusiliers, 6 cornets de voltigeurs, 6 tambours de grenadiers.numérisation0005 Parmi les 18 musiciens, on y trouve mis à part le tambour-major, la grosse caisse, un hautboïste, plusieurs flutistes et joueurs de clarinette, un joueur de trombone et un de l’instrument qui est le « serpent », des trompettistes, un cor, des cymbales…… Bref de quoi réchauffer les nuits froides de l’hiver russe à condition évidement, et cela ne sera pas souvent le cas, de trouver nos musiciens dans ce chaos de destruction et de désolation.

            A droite un Tambour-Major et Tambour avec tenue à la livrée Impérialemusic-vistule-copie-1.jpg

                         Clique de la Vistule (figurines de CBG Mignot)

 

       TABLEAU DES PRINCIPALES BATAILLES DE LA VISTULE

        1 Rgt ; Saragosse, Tudela (1808)........Saragosse, Maria, Pampelune (1809)....... Alventosa, Villet- Checa (1810)......Gratalope, Tarragone (1811).......Valence, Moscou, Bérézina, Wilna (1812).

         2 Rgt ; Saragosse (1808).......Saragosse, Tudela, Stella (1809).......Tortose, Cinca (1810).....Azuara, Orpisa (1811)......Valence, Moscou, Bérézina, Wilna, Kowno (1812)

         3 Rgt ; Saragosse (1808).....Saragosse, Alcaniz, Estalla (1809)......Alminia, Tarancon, Tortose, Lérida (1810).....Taragone (1811).....Valence, Pampelune, Krasnoié, Bérézina,Wilna (1812)

         4 Rgt ; Santa Martha (1810).....Puebla, Tabara, Penaranda (1811)..... Tudela, Ontario  (1812).....Parkowo (1813)  

 

 

       RECAPITULATIF DES NOMS DE LA VISTULE

     1807 : Polacco Italienne

     1808 : Légion de la Vistule

     1809 : 1er légion de la Vistule et 2e légion de la Vistule

     1812 : Légion du grand duché de Varsovie où division de la Vistule

     1813 : Régiment de la Vistule

 

 

Mes sources ;

Tradition N° 33 et N° 8 Hors série et N° 214  N°123

Legia Nadwislanska des éditions Karabela

La campagne de France et campagne de Russie de J.C Carmigniani et J Tranié

Armée de Napoléon de J. Dommange

Planches ;

Morawski

Knôtel

Planches des musiciens de Boeswilwald (collection Breton )

Caricature de Julien

 

   Et avec l'aide si précieuse de P.Toussaint



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Published by M.patrice
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