Le bataillon polonais de la deuxième division de la Veille Garde est un
élément peu, voir mal connu, de l’organisation à la Garde impériale, comme l’est de toute évidence, celle des polonais dans nos rangs.
« On dit que l’Empereur avait l’idée de former un bataillon de la Garde polonaise, et l’on nommait déjà comme chef de ce bataillon le
major Kurcjusk , d’un régiment d’infanterie, qui avait la réputation d’être un bon et brave officier. Mais ce ne fut qu’un projet. » --a écrit dans ses mémoires Joseph Grabowski.
Notre brave officier s’est bien trompé : le Bataillon qui, au passage, est la deuxième unité polonaise de la Garde impériale après les chevau-légers
lanciers, non seulement existait mais se battait déjà en 1813 aux cotés de la deuxième division en tant qu’unité rattachée à la Garde.
La formation de la nouvelle division de la Garde prit naissance suite à la désastreuse campagne de Russie, mais personne ne soupçonnait que Napoléon pensait
à y inclure un bataillon polonais. Surtout en voyant dans quel état les débris du Vème corps de Poniatowski se trouvaient.
D’une manière générale, l’Empereur se préoccupait constamment de l’état des troupes et en particulier de celui du VIIIéme corps polonais nouvellement créer en date de
juin 1813. Il écrivit dans ce sens au Duc de Bassano pour un rapport détaillé de cette unité dans un courrier du 5 août 1813
:
L’Empereur demanda au Duc de la manière dont est dirigé l’équipement des polonais, tout en lui faisant remarquer le manque dans les détails ainsi que dans le
budget.
-« il faut me remettre un compte où je puisse voir à quoi m’en tenir. Il faut constater la situation du corps polonais au moment de sa formation, et cela en trois parties, infanterie, cavalerie
et artillerie ; il faut me faire connaître ce qu’il en coûtera pour habiller ce corps à neuf, en supposant qu’il fût composé de nouvelles recrues, et en distinguant l’habillement, le grand
équipement et le petit équipement, et ensuite il faudra faire un nouveau calcul, non composé de recrues……. »
On fit de même pour la cavalerie en prenant soin de séparer les chevaux bons pour la réforme.
La nouvelle formation de la Vieille Garde devait comporter 2 divisions à 2 brigades :
La 1ère division commandée par le Général Friant
1ère brigade ou brigade de chasseurs 4 bat
2ème brigade ou brigade de grenadiers 4 bat
La 2ème division commandée par Curial
3ème brigade ou brigade de fusiliers 4 bat
4ème brigade,
2 bataillons de Vélites, Turin et Florence
1 bataillon de la Garde saxonne
1 bataillon de la Garde polonaise 4 bat
A cette brigade furent attachés aussi :
1 bataillon de Garde Hessois
1 bataillon des fusiliers Hessois
1 bataillon de Fusiliers-Garde Westphaliens
et 4 compagnies de Grenadiers des 2eme et 3eme de Ligne Westphaliens, et 1 batterie à pied Westphalienne du IX corps.
Les articles de l’Empereur datés du 14 septembre 1813 relatifs au bataillon polonais sont
Art 12 :
Le bataillon polonais de la Garde sera réuni sans délai à Dresde. A cet effet, le prince Poniatowski formera sur-le-champ les cadres et enverra les hommes nécessaires, en choisissant les hommes
ayant plus de 23 ans et ayant au moins 2 ans de service.
Art 13 :
Ce bataillon aura l’uniforme de l’infanterie polonaise avec des bonnets de grenadiers. Il sera équipé au moyen des magasins établis à Dresde par le ministre des Relations extérieures pour le
corps polonais,
mais une fois qu’il aura été équipé, il sera soldé et entretenu par le Conseil d’administration des grenadiers de
la Garde. Les grenadiers polonais touchaient la même paye que ceux de la garde française.
C’est au général-baron Antoine Drouot que l’Empereur demanda d’élaborer le projet de décret de formation et d’organisation du bataillon polonais.
Celui-ci présenta un texte daté du 2 octobre 1813, qui prévoyait entre autres choses :
1 commandant de bataillon
1 état-major comprenant 6 officiers et 8 sous-officiers
4 compagnies de 4 officiers et 200 sous-officiers et soldats, ainsi que 3 conducteurs assignés.
Dans chaque compagnie 3 tambours et 2 sapeurs.
Pour un effectif de 800 hommes en théorie mais en réalité le bataillon n'a pu réunir que 600 hommes.
La solde de tous devait égaler celle du 2e régiment des Grenadiers de la Garde Il en était de même pour l’équipement, l’armement et l’alimentation.
S’ils ne l’avaient pas reçu auparavant, les officiers recevaient en plus, une fois la masse pour leur équipement. Un afflux important d'officiers, pour 22 postes à pourvoir.
C'est pourquoi Poniatowski a dû à maintes reprise, mettre fin à des querelles et décider qui allait occuper les postes dans la Garde.
Le décret fut soumis à l’Empereur, et le 5 octobre 1813, il signait ce texte en y apportant quelques modifications, notamment de retirer
les portes aigles soit 1 officiers et 2 sous-officiers car il ne comptait pas fournir de drapeau à cette unité.
Entre le 14 septembre et le 5 octobre 1813, Napoléon ne cessa d’écrire à Berthier, à Drouot, à Clarke et à Daru pour la formation de ce
bataillon.
Poniatowski lui-même envoya un courrier à Berthier pour lui rendre compte qu’il ne pouvait fournir les soldats nécessaires du fait que
dans le VIIIème corps il n’existait pas plus de 1800 hommes qui aient plus de deux ans de service.
Au fond de lui, bien qu’il affichât officiellement sa propre reconnaissance et celle des polonais, pour cet honneur que l’on faisait à ces soldats de pouvoir
entrer dans la Garde, le prince n’était pas heureux.
En effet, dès la nouvelle de la création de ce bataillon, quelques centaines de soldats de valeur et physiquement forts avaient quitté la jeune armée
polonaise de son corps pour la Garde. Poniatowski proposa avec fermeté d’étendre les engagements pour la Garde à d’autres unités polonaises, celles des deux régiments de Dombrowski et aux
régiments polonais disséminés parmi les corps français dont ceux de la Vistule. Ce qui porterait sur un choix approximatif de quelques 10500 soldats polonais en incluant les dépots.
-Cela fut chose faite-.
En 1813, par ces
temps de pénurie et de souffrance, rhabiller à neuf les polonais n’était pas une mince affaire, d’autant plus que Poniatowski demanda que les grenadiers soient équipés de la même étoffe que celle
de l’habillement des grenadiers de la Garde française ;
-il s’agissait dans cette démarche de créer les meilleures conditions possibles pour habiller
et équiper cette élite de l’armée polonaise et cela pour un coût approximatif selon les calculs de Bignon, alors diplomate en place à Dresde, de 197 028 francs, a titre comparatif cela fait pour
un an 5 fois la solde d’un maréchal d ‘Empire et 13 fois celle d’un général de division,
Soit 126 428 francs pour l’habillement, pour le petit équipement 45 800 et pour le grand équipement 21 600. Reste un petit surplus de 3200
francs.
Ces chiffres ne prennent pas en compte le coût des futurs bonnets de grenadiers.
C’est à Dresde, dans la caserne de la Garde saxonne qui
constitua leur lieu de casernement, que les grenadiers polonais dont la taille requise était de 1,78m reçurent leur équipement, leurs uniformes ainsi que leurs armes et
tambours.
Et le 5 octobre le bataillon
polonais fort de 700 hommes vit le jour officiellement et son commandement est bien confié à un jeune major, Stanilaw Kurcyusz, âgé seulement de 29 ans .
Le 15 octobre l’Empereur passa en revue la 1ère compagnie et
leur recommanda vigilance et courage dans l’avenir.
fusiliers-grenadiers de
la Garde impériale.
Le shako est de forme française avec
calotte en cuir rabattue et bourdalou de cuir noir. Les jugulaires sont à écailles en laiton et rosaces sans motif.
bonnets si précieux.
Tous sont coiffés du chapeau de feutre noir, gansé de soie avec tirants et glands or, sans plumet. Il portent l'habit droit bleu foncé à un rang de
boutons en métal doré. Les retroussis ponceau sont ornés de grenades brodés en fil d'or. Epaulette dorées, hausse-col de même.| Décembre 2009 | ||||||||||
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