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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 18:41


        Le bataillon polonais de la deuxième division de la Veille Garde est un élément peu, voir mal connu, de l’organisation à la Garde impériale, comme l’est de toute évidence, celle des polonais dans nos rangs.
            « On dit que l’Empereur avait l’idée de former un bataillon de la Garde polonaise, et l’on nommait déjà comme chef de ce bataillon le major Kurcjusk , d’un régiment d’infanterie, qui avait la réputation d’être un bon et brave officier. Mais ce ne fut qu’un projet. » --a écrit dans ses mémoires Joseph Grabowski.
        Notre brave officier s’est bien trompé : le Bataillon qui, au passage, est la deuxième unité polonaise de la Garde impériale après les chevau-légers lanciers, non seulement existait mais se battait déjà en 1813 aux cotés de la deuxième division en tant qu’unité rattachée à la Garde.
        La formation de la nouvelle division de la Garde prit naissance suite à la désastreuse campagne de Russie, mais personne ne soupçonnait que Napoléon pensait à y inclure un bataillon polonais. Surtout en voyant dans quel état les débris du Vème corps de Poniatowski se trouvaient.
       D’une manière générale, l’Empereur se préoccupait constamment de l’état des troupes et en particulier de celui du VIIIéme corps polonais nouvellement créé en date de juin 1813. Il écrivit dans ce sens au Duc de Bassano pour un rapport détaillé de cette unité dans un courrier du 5 août 1813

:                             
        L’Empereur demanda au Duc de la manière dont est dirigé l’équipement des polonais, tout en lui faisant remarquer le manque dans les détails ainsi que dans le budget.
-« il faut me remettre un compte où je puisse voir à quoi m’en tenir. Il faut constater la situation du corps polonais au moment de sa formation, et cela en trois parties, infanterie, cavalerie et artillerie ; il faut me faire connaître ce qu’il en coûtera pour habiller ce corps à neuf, en supposant qu’il fût composé de nouvelles recrues, et en distinguant l’habillement, le grand équipement et le petit équipement, et ensuite il faudra faire un nouveau calcul, non composé de recrues……. »
        On fit de même pour la cavalerie en prenant soin de bien séparer les chevaux bons pour la réforme.

        La nouvelle formation de la Vieille Garde devait comporter 2 divisions à 2 brigades :
La 1ère division commandée par le Général Friant
1ère brigade ou brigade de chasseurs                  4 bat
2ème brigade ou brigade de grenadiers               4 bat

La 2ème division commandée par Curial
3ème brigade ou brigade de fusiliers                    4 bat
4ème brigade,
2 bataillons de Vélites, Turin et Florence
1 bataillon de la Garde saxonne
1 bataillon de la Garde polonaise                        4 bat

A cette brigade furent attachés aussi :
1 bataillon de Garde Hessois
1 bataillon des fusiliers Hessois
1 bataillon de Fusiliers-Garde Westphaliens
et 4 compagnies de Grenadiers des 2eme et 3eme de Ligne Westphaliens, et 1 batterie à pied Westphalienne du IX corps.

FORMATION DU BATAILLON POLONAIS

Les articles de l’Empereur datés du 14 septembre 1813 relatifs au bataillon polonais sont
Art 12 :
Le bataillon polonais de la Garde sera réuni sans délai à Dresde. A cet effet, le prince Poniatowski formera sur-le-champ les cadres et enverra les hommes nécessaires, en choisissant les hommes ayant plus de 23 ans et ayant au moins 2 ans de service.
Art 13 :
Ce bataillon aura l’uniforme de l’infanterie polonaise avec des bonnets de grenadiers. Il sera équipé au moyen des magasins établis à Dresde par le ministre des Relations extérieures pour le corps polonais,

Mais une fois qu’il aura été équipé, il sera soldé et entretenu par le Conseil d’administration des grenadiers de la Garde. Les grenadiers polonais touchaient la même paye que ceux de la garde française.

        C’est au général-baron Antoine Drouot que l’Empereur demanda d’élaborer le projet de décret de formation et d’organisation du bataillon polonais.
        Celui-ci présenta un texte daté du 2 octobre 1813, qui prévoyait entre autres choses :
1 commandant de bataillon
1 état-major comprenant 6 officiers et 8 sous-officiers
4 compagnies de 4 officiers et 200 sous-officiers et soldats, ainsi que 3 conducteurs assignés.
Dans chaque compagnie 3 tambours et 2 sapeurs.
Pour un effectif de 800 hommes en théorie mais en réalité le bataillon n'a pu réunir que 600 hommes.

    La solde de tous devait égaler celle du 2e régiment des Grenadiers de la Garde Il en était de même pour l’équipement, l’armement et l’alimentation.
    S’ils ne l’avaient pas reçu auparavant, les officiers recevaient en plus, une fois la masse pour leur équipement. Un afflux important d'officiers, pour 22 postes à pourvoir. C'est pourquoi Poniatowski a dû à maintes reprise, mettre fin à des querelles et décider qui allait occuper les postes dans la Garde.

            Le décret fut soumis à l’Empereur, et le 5 octobre 1813, il signait ce texte en y apportant quelques modifications, notamment de retirer les portes aigles soit 1 officiers et 2 sous-officiers car il ne comptait pas fournir de drapeau à cette unité.

            Entre le 14 septembre et le 5 octobre 1813, Napoléon ne cessa d’écrire à Berthier, à Drouot, à Clarke et à Daru pour la formation de ce bataillon.
            Poniatowski lui-même envoya un courrier à Berthier pour lui rendre compte qu’il ne pouvait fournir les soldats nécessaires du fait que dans le VIIIème corps il n’existait pas plus de 1800 hommes qui aient plus de deux ans de service.
        Au fond de lui, bien qu’il affichât officiellement sa propre reconnaissance et celle des polonais, pour cet honneur que l’on faisait à ces soldats de pouvoir entrer dans la Garde, le prince n’était pas heureux.
        En effet, dès la nouvelle de la création de ce bataillon, quelques centaines de soldats de valeur et physiquement forts avaient quitté la jeune armée polonaise de son corps pour la Garde. Poniatowski proposa avec fermeté d’étendre les engagements pour la Garde à d’autres unités polonaises, celles des deux régiments de Dombrowski et aux régiments polonais disséminés parmi les corps français dont ceux de la Vistule. Ce qui porterait sur un choix approximatif de quelques 10500 soldats polonais en incluant les dépôts.
-Cela fut chose faite-.

  
             En 1813, par ces temps de pénurie et de souffrance, rhabiller à neuf les polonais n’était pas une mince affaire, d’autant plus que Poniatowski demanda que les grenadiers soient équipés de la même étoffe que celle de l’habillement des grenadiers de la Garde française ;
    -il s’agissait dans cette démarche de créer les meilleures conditions possibles pour habiller et équiper cette élite de l’armée polonaise et cela pour un coût approximatif selon les calculs de Bignon, alors diplomate en place à Dresde, de 197 028 francs.  A titre comparatif cela fait pour un an 5 fois la solde d’un maréchal d ‘Empire et 13 fois celle d’un général de division,
        Soit 126 428 francs pour l’habillement, pour le petit équipement 45 800 et pour le grand équipement 21 600. Reste un petit surplus de 3200 francs.
        Ces chiffres ne prennent pas en compte le coût des futurs bonnets de grenadiers.

        C’est à Dresde, dans la caserne de la Garde saxonne qui constitua leur lieu de casernement, que les grenadiers polonais dont la taille requise était de 1,78m reçurent leur équipement, leurs uniformes ainsi que leurs armes et tambours.
          Et le 5 octobre le bataillon polonais fort de 700 hommes vit le jour officiellement le commandement est confié à un jeune major, Stanilaw Kurcyusz,  âgé seulement de 29 ans .
          Le 15 octobre l’Empereur passa en revue la 1ère compagnie et leur recommanda vigilance et courage dans l’avenir.
            

            L'UNIFORME

            D’après un rapport de Seiffert l’uniforme du bataillon polonais devait être ressemblant à celui des fusiliers-grenadiers de la Garde impériale.
            Si bien que conformément au décret du 14 septembre, les soldats ont conservé leur kurtka à basque courtes et revers échancrés si caractéristique des polonais, les couleurs de cet habit étant bien celles des fusiliers-grenadiers : en drap bleu à collet de même, revers blancs, parements écarlates, pattes de parement à trois pointes blanches fermé par trois boutons, retroussis agrafés écarlates et boutons jaunes.
             Les épaulettes à corps et franges blanches sont soutenue par un passant de même. Le baudrier de sabre briquet ainsi que la banderole porte giberne sont en buffle blanc.                    
             Dragonne en laine rouge.
             Le pantalon dans le même drap bleu et porté par dessus les guêtres.
             Les polonais conservèrent leur capote de couleur gris
« souris » à la différence de ceux de la Garde française qui est de couleur « bleu ».
                                        Notre grenadier de la Garde polonaise
        Le problème survient pour ce qui est du couvre-chef : suivant le règlement il devait y avoir des bonnets de grenadiers, mais d’après des sources diverses, le shako d’exercice de la Garde saxonne fut porté par nos polonais, bien évidemment en y apportant des modifications tels que le monogramme sur le devant du shako « F.A » qui aurait été enlevé, pour être soit disant remplacé par l’aigle impérial. Mais dans les faits, ce remplacement ne fut jamais réalisé.

         Le shako est de forme française avec calotte en cuir rabattue et bourdalou de cuir noir. Les jugulaires sont à écailles en laiton et rosaces sans motif.
        Pour ce qui est de la cocarde, bien des éléments laissent à penser qu’ils portèrent celle déjà en place c’est à dire une cocarde blanche.

        POURQUOI  le shako et non le bonnet de grenadiers ? :

Question difficile et qui reste encore sans réponse concrète :
            D’après les mémorialistes et historiens, il serait possible que la moitié du bataillon ait porté le shako pour des raisons économiques ou encore par manque de matière où de temps de confection d'un bonnet.
            Mais l’Histoire raconte que le 3ème jour de la bataille de Leipzig, on vit le général Curial, alors commandant de la 2ème division de la Veille Garde, ayant aperçu beaucoup « d’oursons » traînant sur le champ de la bataille, terrain gagné récemment par le corps polonais voisin de la Garde mais où il subit de lourde perte, fit ramasser ces bonnets si précieux.
            Mais malheureusement l’Histoire ne dit pas pour à qui étaient destinés ces couvres-chefs tant convoités par sa division.          

  L'image de droite représente un tambour de la garde.
Comme vous pouvez le voir cet homme porte la schapska polonaise.




        L’UNIFORME DES OFFICIERS

        Tous sont coiffés du chapeau de feutre noir, gansé de soie avec tirants et glands or, sans plumet. Il porte l'habit droit bleu foncé à un rang de boutons en métal doré. Les retroussis ponceau sont ornés de grenades brodés en fil d'or. Epaulette dorées, hausse-col de même.
Le pantalon du même drap que la tenue est orné d’un galon or le long des jambes. Il se porte sur ou sous des bottes dites à la Souvaroff.

Officier polonais en tenue de campagne. Ici notre officier porte la "légion d'honneur et la Virtuti militari"

LES FAITS D'ARMES DU BATAILLON


        Le 16 octobre,   
        Le bataillon polonais du major Kurcyusz attaque les Autrichiens par le flanc gauche, l’infanterie et l’artillerie du VIIIème corps polonais retiennent l’ennemi de front. Le flanc droit est attaqué par les Krakus. Au cours de cette journée, la Vieille Garde de la division Curial s’est jetée à la baïonnette sur les Autrichiens et les a refoulés sur la rive gauche de la Pleisse. Nos polonais font prisonnier le général Merveld avec 1200 hommes et mettent fin au danger du moment.
        Le 18 octobre
            Attaque des trois bataillons de la quatrième brigade de la Veille Garde, dont les Polonais, sur le village de Prolostheyda en aidant les troupes polonaises de Poniatowski et les Français de Victor et de Lauriston qui défendent la ligne entre ce village et Connewitz.
        Le 19 octobre
                La Garde impériale est entrée en ville (Leipzig). La musique de la Vieille Garde a joué pendant la prise d’armes des bataillons saxons et polonais en faction sur la place. Anecdote au contraire de leurs compatriotes qui passèrent à l’ennemi, les bataillons saxons des capitaines von Dressler et Scharffenstein sont restés dans les rangs de la quatrième brigade de la Vieille Garde. L’Empereur les remercie et les renvoie auprès de leur souverain.
        Le 30 octobre
                Les restes du bataillon, dont le capitaine Smett est devenu le commandant du fait que son prédécesseur a été fait prisonnier à la bataille des Nations, prennent part à la bataille de Hanau et subissent de lourdes pertes.
       Le 1er novembre
                 Le bataillon passe Francfort-sur-le-Main pour aller caserner à Mayence où il reste une dizaines de jours.
        Le 5 novembre
                Un rapport fait état de l’effectif des polonais de 15 officiers et 82 sous-officiers et soldats.             Décembre 1813
                Les officiers et soldats du bataillon sont envoyés sur Paris pour y être incorporés dans le 3ème régiment d’Eclaireurs de la Garde.

-"Ce troisième régiment fut formé de polonais de la division de Sedan avec également six compagnies supprimées du 1er    régiment de chevau-légers et, par suite de l’incorporation du 3e chevau-légers et des volontaires de Cracovie et du
reste du bataillon polonais de la Garde."-


Mes sources :
Carmet de la sabretache n° 111-E 1er trimestre 1992
Mémoires militaires de Grabowski.
Tradition HS Napoleon et les troupes polonaises n° 8
L'armée du duché de Varsovie de Chelminski et Malibran

Planches :
1er Kossak
Les figures sont de Sazonow inspirées des dessins de Wilke.

Avec la participation de patrick.Fontanel

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Published by M.patrice - dans L' Infanterie
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commentaires

el_frances 21/11/2009 09:08


Encore un article d'une grande érudition ! Bravo PAtrice. J'aime beaucoup le tableau que tu as mis dans la première partie de ton article et j'aimerais bien le voir en plus grand !
Merci encore pour tes articles !
A bientôt
Philippe


juju 14/12/2008 21:31

continue grand maréchal très jolie blog atention page 4 la video voilà a+

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