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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 17:19

                                   Dès la pointe du jour, dit Ostrowski, Napoléon fit appeler le prince Poniatowski dont le corps d'armée était déjà passé sur l'autre rive de l'Elster.       
-Prince, lui dit-il, vous défendrez le faubourg du sud
-Sire, répondit le prince, j'ai trop peu de monde
-Combien reste-t-il de Polonais avec vous?
-Mon escorte habituelle, 800 hommes
- Eh bien, avec cela vous défendrez le faubourg du sud et couvrirez la retraite de l' armée avec le duc de Tarente....avec 800 polonais cela vaut bien 8000 autres soldats.
-Puisque c'est nécessaire reprit le prince, votre majesté peut avoir confiance en nous, dussions-nous tous périr jusqu'au dernier.

                    "Ce furent les dernières paroles que le prince adressa à l'Empereur"

        Voici en quels termes, Ostrowski, qui se trouvait près du prince Poniatowski, raconte sa mort .
            Les alliés, convaincus que cette bataille serait décisive, attaquèrent de tous les cotés à la fois, les Russes envahirent le faubourg de Halle. Quand cette nouvelle arriva au coeur de la ville, ce fut une grande panique générale.
    Tous les habitants voulurent s'enfuir, les bourgeois emmenant leurs enfants et emportant leurs biens, les malades abandonnant les hôpitaux et tout ce petit monde se retrouvant devant la porte de Ranstadt. Cette foule porta le désordre dans les rangs des troupes en retraite.
            Le prince Poniatowski ainsi que le maréchal Macdonald et le général Lauriston, se trouvaient en dehors de la porte Saint-Pierre dans le faubourg sud de la ville. Notre Prince recevant les coups de buttoir de l'armée Autrichienne, n'avait plus d'infanterie, il se défendait comme un lion, il chargea avec une petite troupe composée de ses aides de camp, de quelques officiers supérieurs, des krakus et du 14ème régiment de cuirassiers, en tout pas plus de 800 hommes.
              Blessé déjà deux fois le 14 et 16 octobre, il se battait comme un simple soldat, comme en 1809 à Raszyn, et c'est lors d'une de ces charges qu'il reçut sa troisième blessure : une balle l'atteignit au bras gauche.

            Vers une heure de l'après midi, Leipzig était déjà occupée par les troupes ennemies, c'est alors que le maréchal Macdonald après une dernière charge  réussit à refouler les Prussiens, fit demi-tour, passa comme une flèche devant le prince, traversa la Pleisse à la nage et disparut.
            Poniatowski, promu maréchal de France 3 jours avant, par l' Empereur, décida alors la retraite pour éviter à la poignée d'hommes qui lui restait les rigueurs de la captivité. Il s'arrêta un instant sur le bord de la Pleisse,  comme il l'avait juré la veille devant Napoléon, soit à se sacrifier où passer de l'autre cotés de la rivière, il hésita.
   
 Première dangereuse tentative   
    A ses côtés le général Bronikowski, s'approcha de lui et le supplia de passer la Pleisse sans aucun retard, notre prince céda aux instances du général et se jeta à l'eau. Mais l'Ester, comme la Pleisse, était gonflée par une crue et un courant violent.
   Le prince blessé au bras ne pouvait maintenir son cheval, il tomba à l'eau, et grâce à la rapidité du Capitaine Bléchamps, qui était un excellent nageur, le prince pût être ramené en vie sur la rive opposée.
                       Poniatowski partit à pied avec les quelques survivants de sa troupe. Repoussant toutes les attaques, ils marchaient vers le pont de Lindeneau sans savoir qu'il n'existait plus. L'infanterie ennemie les suivait baïonnette au canon, tirant sur eux, il y avait là les Russes, la landwehr, les cosaques, ils se frayaient un passage en massacrant tout se qui se trouvait sur le chemin.
"Nous pensions vraiment notre dernière heure arrivée."
             Notre maréchal voulant mettre un instant ses hommes à l'abri dans le jardin de Reichel déjà jonché de cadavres fut rejoints par le colonel Dobrzanski avec trois canons.
             Durant cette ultime résistance il fut contusionné par un projectile qui le fit tomber sans connaissance dans les bras d'un de ses aides de camp. Enfin quand il revient à lui, on le pansa et on le hissa difficilement sur un cheval se tenant tant bien que mal sur sa monture.
            Tout ses aides de camp le suppliaient de rester et de se faire mieux soigner, en réalité c'est-à-dire de se laisser faire prisonnier.

- Non, répondit-il d'une voix faible et il ajouta ces mots devenus célèbres
-Dieu m'a confié l'honneur des Polonais, je ne le rendrai qu'a Dieu....

              A ce moment, survint un officier qu'il lui apprit la destruction du seul pont de passage, le pont de Lindenau sur l'Elster,  par suite d'un malentendu il sauta, laissant en arrière à Leipzig plus de 20 000 Français et Polonais.
             Cet officier connaissait un point de passage facilement franchissable à gué. Tout le monde le suivit vers le bord de l'Elster : à peine avait-on fait une quinzaine de pas sur la rive que le prince s'écria :

 -"voilà ! ce sont eux !".... en montrant un détachement ennemi qui lui barrait la route.
       Seconde tentative
         Il fit aussitôt tourner bride à son cheval et entra dans la rivière,  affaibli par toutes ses blessures et surtout par la dernière, il laissa flotter les rênes, sous une pluie de balles le cheval atteignit l'autre rive, mais comme la berge était presque à pic, et la pluie du matin aidant à la glissade, la monture n'y put prendre pied, et notre prince tomba à l'eau, désarçonné il fut emporté par le courant, ayant probablement perdu connaissance à ce moment là, très affaibli par sa dernière blessure
qui est la cinquième depuis le commencement de la bataille.
        C'est alors que le capitaine Bléchamps pour la seconde fois se jette à l'eau pour essayer de le sauver, on le vit réapparaître plus d'une fois à la surface avec le prince qu'il tenait à la taille, puis hélas tout deux s'enfoncèrent et on ne les revit plus.......

  Le "Bayard Polonais" venait de mourir

 
                                        Trois jours après cette scène dramatique, des pêcheurs retirèrent avec leurs crocs, les deux victimes de ce funeste accident :

-Ah ! Voilà un général français, dirent quelques- uns entre eux.

-Ce n'est pas un général français, répondit mon domestique qui se trouvait là
-C'est notre chef bien-aimé, c'est le prince Poniatowski.


    "La nouvelle se répandit dans toute la ville, tout le monde accourut, le colonel Kicki, moi, et les autres polonais. Le corps du prince avait été porté dans une pauvre maisonnette au bord de la rivière. Il n'était pas décomposé, sa figure calme était aussi belle que pendant la vie, il avait perdu seulement sa perruque"

        Le prince Schwarzenberg, ancien camarade du prince, le fit enterrer avec les honneurs militaires dans le jardin de Reichel. C'est là que neuf mois plus tard, les troupes polonaises, en rentrant dans leur patrie, reprirent le corps de leur chef pour le ramener à Varsovie....puis bien plus tard à Cracovie.



mes sources pour ce paragraphe
texte de J.V CHELMINSKI l'armé du duché de Varsovie
texte de J.Garnier sur Napoleon 1er n°4

mes planches :
Osprey par Delprado "soldats des guerres Napoléoniennes" P. Courcelle
Poniatowski par J.Kossack
Tableau de la fin de Poniatowski par Horande Vernet
Tableau inconnu ???

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Published by M.patrice - dans Histoire
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commentaires

philippe (el_frances) 12/02/2009 09:53

Merci beaucoup pour ce "moment" d'Histoire. Poniatowski était un grand homme et un grand militaire. Ses troupes étaient à son image. Vivement que j'ai un contingent polonais pour leur rendre hommage et les utiliser à bon escient sur une table de jeu.

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